Ce n’est pas une criminelle. La loi sur l’avortement en Irlande et ses conséquences

mardi 21 juillet 2015
par  K.S.
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Ce rapport d’Amnesty, Ce n’est pas une criminelle. La loi sur l’avortement en Irlande et ses conséquences, relate des cas choquants dans lesquels les autorités irlandaises ont privé des femmes et des jeunes filles des soins médicaux dont elles avaient besoin pour donner la priorité à la vie du fœtus – qui est protégée par un amendement ajouté à la Constitution irlandaise en 1983.

L’Irlande est le seul pays européen – à l’exception de l’Andorre, de Malte et de Saint-Marin – à interdire l’avortement même en cas de viol, de malformation grave ou mortelle du fœtus ou de risque pour la santé de la femme, en violation du droit international.

Absence de soins médicaux

En vertu de la loi irlandaise, les médecins et les accompagnants à la grossesse n’ont même pas le droit de donner aux femmes des informations complètes sur l’intervention médicale dont elles ont besoin et sur la manière d’avorter en toute sécurité. Certains ont exprimé à la frustration que génère chez eux la Loi irlandaise sur la réglementation des informations, dont l’organisation de défense des droits humains demande l’abrogation.

Un climat de peur

La législation draconienne de l’Irlande a créé un climat de peur, dans lequel les accompagnants risquent des amendes s’ils disent aux femmes comment obtenir des soins médicaux ; en conséquence, certaines femmes fuient purement et simplement les médecins.

L’Irlande ferme les yeux quand les femmes vont avorter à l’étranger, et ne se préoccupe pas des souffrances que cela engendre. Elle condamne les plus faibles, les plus pauvres et les plus vulnérables qui ne peuvent pas se rendre à l’étranger à devenir des criminelles parce qu’elles ont pris des décisions concernant leur propre corps, alors qu’il s’agit parfois d’une question de vie ou de mort.

DES IRLANDAISES TÉMOIGNENT

Lupe, qui portait depuis 14 semaines un fœtus dont le cœur ne battait plus, a raconté qu’elle avait dû retourner dans son pays, l’Espagne, pour y être soignée correctement :

Amnesty a recueilli de nombreux témoignages de femmes qui ont subi des avortements à l’étranger, dont certaines ont fait une fausse couche mais ont été forcées de garder en elles un fœtus mort ou non viable pendant des semaines, dans l’espoir futile de recevoir l’intervention médicale dont elles avaient besoin en Irlande.

Róisín a été contrainte de porter un fœtus mort pendant plusieurs semaines car les médecins voulaient être absolument sûrs que son cœur ne battait plus. Elle a confié :
" Je serais assez peu encline à faire confiance aux services pour les femmes dans ce pays à l’heure actuelle."

Les femmes qui veulent avorter ne sont pas les seules à être privées de soins en raison de la priorité donnée à la vie du fœtus. Ainsi, le personnel médical a refusé de pratiquer une césarienne sur Rebecca H., qui était gravement malade, par crainte de faire du mal à son fœtus. Les soignants l’ont obligée à supporter 36 heures de travail en lui disant que leur rôle était de « s’occuper du bébé, la priorité, c’est le bébé ».

N’autorisant l’avortement que lorsque la vie de la mère est en danger, la loi irlandaise est l’une des plus restrictives au monde, et contraint chaque année au moins 4 000 femmes et jeunes filles à se rendre à l’étranger pour y subir une interruption de grossesse, avec un coût considérable sur le plan psychologique, financier et physique. Celles qui ne peuvent pas effectuer le voyage se retrouvent privées des soins nécessaires, ou risquent des sanctions pénales si elles avortent illégalement chez elles.

Celles qui ont besoin d’avorter sont traitées comme des criminelles, couvertes d’opprobre et contraintes de se rendre à l’étranger, ce qui a de lourdes conséquences sur leur santé mentale et physique. L’État irlandais ne peut plus ignorer cette réalité et les terribles conséquences qu’elle a chaque année sur des milliers de personnes.

5 CHIFFRES À RETENIR SUR L’AVORTEMENT EN IRLANDE

177 000 : C’est le nombre de femmes et de jeunes filles vivant en Irlande qui se sont rendues en Angleterre ou au Pays de Galles pour se faire avorter depuis 1971. En 2013, elles sont au moins 3 679 à être allées à l’étranger pour y subir une interruption de grossesse.

4 000 euros : C’est le montant de l’amende que risque un professionnel de la santé s’il aiguille une femme vers un avortement ou s’il lui donne des informations exhaustives sur la procédure à suivre.

1 5000 euros : C’est le coût moyen estimé d’un avortement à l’étranger.

24 jours : C’est le nombre de jours pendant lesquels une femme en état de mort cérébrale a été maintenue artificiellement en vie en décembre 2014, contre la volonté de sa famille, parce que le cœur de son fœtus battait encore.

14 ans : C’est la peine de prison encourue par les femmes qui avortent illégalement en Irlande, ou par toute personne qui aiderait une femme à avorter.

CES FEMMES NE SONT PAS DES CRIMINELLES : Il EST TEMPS D’AGIR !
L’Irlande doit modifier sa Constitution afin d’en supprimer les dispositions relatives à la protection du fœtus. Elle doit le faire de toute urgence car sa législation actuelle met quotidiennement en danger la vie de femmes et de jeunes filles.

Il fait s’opposer aux tentatives du gouvernement de contrôler et de criminaliser les femmes. Pétition sur :

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes...

A retrouver sur
http://www.amnesty.fr/Avortement-en...

NDLR : Il est évidemment utile de soutenir l’initiative d’Amnesty en faveur des droits humains et spécialement de celui à disposer de soi.

Amnesty a pour principe de s’en tenir à cette défense des droits humains, mais, à Penser libre, nous avons la liberté de rappeler que l’Église catholique et la religion chrétienne pèsent sur l’État irlandais pour régir la vie de toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions. Et voilà encore un argument pour la défense de la laïcité et de la séparation des Églises et de l’État, du civil et du religieux.

SKS


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