Calanques et biodiversité

Le site naturel classé des Calanques et le Parc National
lundi 28 avril 2008
par  K.S.
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Le site des Calanques (massif, côtes, îles et domaine maritime) est reconnu site naturel classé depuis 1975 pour la partie terrestre et 1976 pour la partie maritime, étendant la protection à une bande de 500 mètres à partir du littoral et englobant ainsi l’archipel de Riou.

Des secteurs déjà urbanisés à l’intérieur du massif des Calanques ont été inscrits à l’inventaire des sites par arrêté ministériel du 24 novembre 1959 : il s’agit des calanques de Saména et des Goudes, du domaine de Luminy, des quartiers du Roy d’Espagne, de la Cayolle, de la Seigneurie, Parangon, Campagne Cantini. A noter que le Mont-Roze fait partie intégralement du site naturel classé.

On trouve dans les Calanques 38 espèces de la faune, 11 espèces de la flore terrestre et 1 espèce de la flore marine (la posidonie) protégées au titre de la Loi de 1976 sur la Protection de la Nature ; 6 espèces d’oiseaux sauvages sont protégées au titre de la Directive du conseil de la communauté Européenne du 2 avril 1979.
Une partie (un cinquième environ) du massif des Calanques est reconnue Espace boisé Classé (article L 130 du Code de l’Urbanisme).

Originalité du Massif des Calanques :

Le climat des Calanques est l’un des plus secs, des plus venteux et des plus chauds de France. Ces conditions très particulières, ainsi que les variations climatiques antérieures à notre époque, sont à l’origine de l’installation et/ou du maintien d’une flore et d’une faune exceptionnelles. L’intérêt du domaine maritime est tout aussi remarquable, tant concernant les espèces qu’au point de vue archéologique (Grotte Cosquer).

Sur le plan géologique :

La succession complète des couches sédimentaires du crétacé inférieur (calcaire urgonien dolomitique) et la présence de plusieurs gisements d’espèces fossiles de trèsgrand intérêt scientifique représentent une référence internationale comme « localités-types ». Le réseau hydrologique karstique, encore mal connu, est d’une extrême fragilité vis-à-vis des risques de pollution.

La flore et la végétation :

Les Calanques constituent un ultime refuge pour certaines espèces végétales tertiaires refoulées vers la Méditerranée par l’avancée des glaciers au quaternaire récent.
On relève plus de 900 espèces végétales, soit 1/5ème de celles connues en France, une cinquantaine d’espèces rares, dont une quinzaine protégées.
En particulier :
L’ Astragale de Marseille, la Sabline de Marseille qui n’existe que de Marseille à Toulon, l’Orpin du Littoral (spécifique à ce site) l’herbe à gouffé et la fougère scolopendre qui n’existe sans doute plus ailleurs.
En outre, l’apport de sel marin sur la zone littorale associé au climat favorise des associations végétales rares et la présence d’espèces halophiles rares ou protégées.

La faune :

Les Calanques et les îles sont avant tout le domaine des oiseaux. Parmi les nombreuses espèces présentes, 25 sont protégées par la loi, 10 font partie des vertébrés en voie de disparition, 6 figurent sur l’annexe I de la directive Européenne.

Citons :
L’aigle de Bonelli ; le Hibou Grand-duc ; le Puffin cendré ; le Pétrel Tempête, dont c’est l’unique point de nidification du littoral méditerranéen français. En hivernage, le Tichodrome échelette.
Sur l’archipel de Riou, outre la densité de goélands leucophée (nos "gabians"), bien d’autres espèces remarquables, et certaines rares, sédentaires ou migrateurs :
4 couples de Faucon pèlerin , un couple de Grand-Duc d’Europe, deux espèces de Martinet, le Cormoran huppé de Méditerranée, l’ Océanite tempête, le Puffin cendré et lePuffin de Méditerranée. L’Archipel de Riou comprend la seule colonie de Cormorans huppés de la France continentale (5 couples).

Parmi les reptiles et batraciens, tous protégés par la loi, le lézard ocellé , le lézard des murailles et le petit gecko.
Parmi les mammifères présents, l’écureuil , le blaireau en voie de disparition, et la chauve-souris Molosse de Cestoni.
Cette faune trouve difficilement des abris dans le maigre couvert végétal du site ; très diversifiée et spécifique, elle est d’autant plus dépendante de son habitat très enclavé et ne pourrait donc survivre grâce à des flux migratoires.

Le milieu marin :

Par sa production d’oxygène, en assainissant les pollutions organiques, et la stabilisation des fonds marins, l’herbier de Posidonies joue un rôle comparable à celui des forêts ; de très nombreux organismes y trouvent refuge, nourriture et lieu de frai. Ces herbiers, protégés au titre de la loi depuis le 19 juillet 1988, sont menacés par la sur-fréquentation des bateaux de plaisance (ancrage) et de pêche (drague).

Grâce à la grande variété des reliefs sous-marins, on trouve diverses formes peu fréquentes et connues de coralligène .

Des espèces menacées sont présentes : langouste, petite et grande cigale de mer, triton, mérou, corb, denti, hippocampe tacheté, corail, grande nacre, violet, dentelle de Neptune.

Les enjeux :

Le massif des Calanques et son domaine maritime constituent un milieu particulièrement fragile. Les agressions dont ils sont victimes agissent de façon interactive.

- Sensibilité aux incendies (ces derniers favorisés par la proximité des agglomérations) : au fil des siècles, le couvert végétal a évolué de la chênaie à la garrigue. L’aridité des sols, le climat chaud et venteux ralentit la capacité de croissance et de renouvellement de la végétation.

- Sur-fréquentation du site (sur terre et en mer) avec pour conséquences l’érosion des sols, la régression des herbiers de posidonies, la pollution des fonds de calanques, etc.

- Cette situation en zone péri-urbaine entraîne en outre une pression foncière majeure ainsi qu’une pollution des eaux par rejets des déchets.

Les Calanques représentent un véritable poumon pour les agglomérations voisines (Marseille, Cassis, La Ciotat etc.), un attrait touristique indéniable, mondialement reconnu, et une richesse exceptionnelle dans le domaine de la biodiversité.
La dégradation de ce patrimoine serait irréversible du fait de ses particularités géographiques (climat, sols etc.).

C’est pourquoi il est essentiel d’inclure en « cœur » de Parc la totalité du site naturel classé et, avec des aménagements, les sites « inscrits », et, pour ne pas de priver la population d’un tel joyau, bien au contraire, associer le plus possible les visiteurs à la protection du site.

S.K.

Sources :
- « Les oiseaux de l’archipel de Riou » sous la supervision d’Alain Mante, conservateur de l’archipel, publication d’UCL (Union Calanques Littoral).
- « Le site classé des Calanques » par UCL. 1992 pour le relevé des espèces et la géologie.


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