La réhabilitation des fusillés pour l’exemple, oui, mais laquelle ?

lundi 12 mai 2008
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monument aux morts pacifiste de Peille

La réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la 1ère guerre mondiale, près d’un siècle plus tard s’inscrit, je le crains, dans la vague de mea culpa et d’amendes honorables en vogue dans les institutions gouvernementales ou autres.
Tel Etat reconnaît sa faute envers tel ou tel groupe victime de discrimination, de mise en esclavage ou de génocide quelques décennies ou siècles auparavant. Il y a quelque chose de la culpabilité collective trans-générationnelle dans cette démarche de repentance. Voir la bible « Les parents ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées ». Et de même que les conflits qui s’éternisent font venger le grand-père par l’arrière petit-fils, il devient de bon ton que des générations plus ou moins éloignées de l’époque des faits battent leur coulpe au nom de leurs ancêtres.
Cela va avec le « nous » employé par ceux qui se considèrent comme du même groupe, de la même collectivité.

Seulement, je suis pacifiste, et donc pas nationaliste, pas patriote. Je ne suis pas fière d’être considérée comme française, je n’en ai pas honte non plus. C’est un hasard qui m’a fait naître ainsi, de parents étiquetés eux-mêmes comme français, issus de parents etc. Je ne me sens pas solidaire des actions faites au nom de la France, au nom des français. J’essaie de faire savoir mon refus quand ces actions sont indignes sur le plan humain, tout simplement. Car c’est bien la seule chose qui nous est en commun, le fait d’être humain. Malheureusement, beaucoup d’humains se comportent de façon infiniment plus sauvage que les autres espèces animales, dont je soutiens que nous faisons partie, sans autre signe particulier qu’un usage déraisonnable de la violence.

La réhabilitation ? Tout dépend de laquelle…

S’il s’agit de donner à ces hommes fusillés pour l’exemple un statut de bon soldat, de bon patriote, ne serait-ce pas les trahir ? Placés dans des conditions inhumaines ils ont eu un réflexe de dignité et de bon sens : pour certains tenter de rester en vie dans cet univers absurde, pour d’autres se mutiner.
Les inscrire dans la liste des « Morts pour la France », au nom d’une Mère-Patrie qui envoie sans compter ses chers fils à la boucherie, cela tiendrait de l’insulte.

Mais il existe une autre manière de les réhabiliter.

Puisque, pour une fois, l’Armée veut bien reconnaître qu’elle s’est trompée, eh bien que cela soit dit clairement : ces hommes fusillés pour l’exemple avaient raison, leur refus, leur révolte étaient nobles.
Les guerres ne servent qu’à enrichir les firmes d’armements et leur commerce. Tout le reste n’est que manipulation et bourrage de crânes. Aucune cause ne peut justifier les morts et les destructions.

Léonore Litschgi


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