« Parce que l’horreur est autour de nous… »

"Tueries. Forcenés et suicidaires à l’ère du capitalisme absolu"
mercredi 27 juillet 2016
par  K.S.
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Le site Divergences2 a mis en ligne le 7 juillet 2016 un entretien entre Christiane Passevant et Franco Berardi, auteur du livre Tueries. Forcenés et suicidaires à l’ère du capitalisme absolu [1] à lire dans son intégralité sur http://divergences2.divergences.be/....

Extraits :

« Tueries, meurtres de masse, attentats… Un phénomène qui s’emballe, provoque la sidération et annihile, dans un premier temps, toute tentative de comprendre des événements aussi tragiques qu’inacceptables. Et "ces moments où un public tétanisé par un événement violent emboîte en somnambule le pas à des gouvernants manipulateurs et cyniques, ces moments, [écrit Alain Brossat], où s’abolit tout discernement du public sont eux-mêmes plus terrifiants que ce qui les suscite." »

« Dans Tueries. Forcenés et suicidaires à l’ère du capitalisme absolu, Franco Berardi s’interroge donc sur les origines, les motivations de ces meurtres de masse, sur "ces tueurs [qui] sont la manifestation extrême d’une des tendances principales de notre temps […], les héros d’une époque de nihilisme et de stupidité spectaculaire : l’ère du capitalisme financier." »

Manipulation, désespoir, nihilisme, frustration, affirmation identitaire, quête d’un pouvoir éphémère… "L’on comprend probablement mieux le devenir actuel du monde si l’on observe [celui-ci] à la lumière de ce genre de folie affreuse, plutôt qu’à travers le prisme de la folie policée des économistes et des politiciens. J’ai vu [écrit Berardi], l’agonie du capitalisme et le démantèlement d’une civilisation sociale d’un point de vue très particulier : celui du crime et du suicide." »

Franco Berardi :

« S’agissant de l’horreur, je ne me réfère pas seulement à l’horreur exceptionnelle du terrorisme, mais également à l’horreur quotidienne de l’exploitation. Qu’on le veuille ou non, on est piégé par l’exploitation, obligé de vendre notre vie pour un salaire, de renoncer à être libres et subir l’esclavage salarié. Il n’empêche que dans la communauté des exploité-es, on peut établir des liens, des liaisons qui forment en quelque sorte une autre société dans la société. Je l’appelle la communauté ironique et peut-être qu’un jour la liberté prendra la relève et qu’on abolira l’esclavage capitaliste. […] Mon problème est d’être, de vivre à l’intérieur d’une communauté en étant capable de maintenir la liberté et le plaisir de vivre tout en sachant que l’exploitation et l’horreur font intrusion dans notre vie. C’est cette difficulté que j’appelle autonomie. […] L’autonomie signifie être soi-même tout en sachant qu’on est obligé d’être autre chose, exploité, opprimé… […] »


[1Franco Berardi , Tueries. Forcenés et suicidaires à l’ère du capitalisme absolu, Ed.LUX, Montréal, janvier 2016


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