Trouvé sur Divergences2

« Manuel réglementaire de l’anarchisme »
lundi 16 janvier 2017
par  K.S.
popularité : 23%

Trouvé sur Divergences2 ces extraits d’un long article de Jean-Manuel Traimond :
« Manuel réglementaire de l’anarchisme »
(voir http://divergences2.divergences.be/...)

DRAPEAUX, FRONTIÈRES, UNIFORMES

Les drapeaux servent d’abord à bander les yeux.
Puis à bâillonner les bouches.
Et enfin ils sont bien utiles comme linceuls pour enterrer les morts. [1]

Au Capitole, le bâtiment qui abrite le Congrès américain à Washington, existe un obscur bureau, le bureau du drapeau. Ce bureau s’occupe des drapeaux que l’on doit faire flotter au-dessus du Capitole. Les drapeaux flottent sur l’un des différents mâts du Capitole pour une durée qui varie, selon les demandes, de cinq secondes à une minute. Sept personnes gèrent les demandes de sénateurs et de membres de la Chambre des Représentants qui veulent faire flotter tel ou tel drapeau pour faire plaisir à leurs électeurs. « Je déteste faire les drapeaux  ; ça veut dire passer une journée à tirer un énorme chariot plein à ras-bord de drapeaux qui ont flotté sur le mât que je dois livrer à tous les bureaux, et il y en a des centaines, des membres du Congrès ! » déclare un stagiaire...

Charlotte Aldebron, fillette de douze ans, dut écrire une rédaction sur « Ce que signifie le drapeau américain ». En voici un extrait :

« Le drapeau américain signifie que le tissu est une chose très importante. Il est illégal de laisser le drapeau toucher le sol ou de le laisser flotter en cas de mauvais temps. Le drapeau doit être traité avec respect. On se rend compte à quel point ce tissu est important parce qu’on voit qu’il est bien mieux traité que les gens. Personne ne se soucie qu’un sans-domicile-fixe touche le sol. Un sans-domicile-fixe peut rester par terre toute la nuit sans que personne ne le ramasse, ne le plie avec soin et ne l’abrite de la pluie. » (Cité par Jim Hightower, dans Thieves in High Places, p. 139, plume books.)

LA BIBLE

(extrait)

Tu marches dans une belle forêt silencieuse. Les arbres sont hauts, magnifiques, le soleil brille à travers leurs feuilles. Tu es heureuse, le monde est serein, en paix, l’harmonie générale prouve l’existence de Dieu.

Oui mais tes pieds écrasent à l’instant même combien d’animalcules ?

À l’instant même, tes globules blancs tuent combien de bactéries ?

À l’instant même, combien d’insectes meurent dévorés par ces chasseurs implacables, les oiseaux ?

À l’instant même, combien de millions d’œufs de poisson, d’alevins sont dévorés par les grenouilles dans la mare dont le charme rustique contribue à ta certitude que Dieu existe ?

Où est Dieu dans les égouts où les rats dévorent leurs congénères blessés ?

Où est Dieu dans les taudis où les rats mordent les bébés ?

À Tchernobyl, où est Dieu ?

Déduire l’existence de Dieu du fonctionnement de l’univers, c’est confondre une émotion avec une explication.

Croire à Dieu, c’est imiter les fillettes qui croient à l’existence des salons où elles reçoivent leur poupée, c’est imiter les garçonnets qui tombent foudroyés au bruit du fusil imaginaire de leur camarade de jeu. C’est imaginer une réalité là où il n’y a rien. C’est si triste ! crie-t-on. Quelle philosophie noire, inhumaine, froide que l’athéisme ! Non, l’athéisme n’est pas une philosophie, pas une idéologie, il est la solution par défaut, comme disent les informaticiens.

Ce n’est pas à l’athéisme de prouver que Dieu n’existe pas. C’est aux croyants de prouver que Dieu existe.

Noir ou beau, inhumain ou glorieux, froid ou splendide ; l’univers n’est rien de tout cela. L’univers n’est pas fait pour nous. Il n’a pas de compte à nous rendre. L’univers n’a pas de sens. C’est nous qui lui en donnons un, beau quand nous sommes heureux et optimistes, laid quand nous sommes tristes et pessimistes. L’univers n’a pas le devoir d’être beau, chaud, humain pour satisfaire un mammifère fragile sur une planète secondaire. Il n’a d’ailleurs pas non plus le devoir d’être laid ou cruel, ou froid ou inhumain. Il n’a ni devoir, ni signification, ni but.

Il est, c’est tout.

C’est nous qui le sentons beau ou laid.

Nous n’avons été créés par personne, que notre vie n’a aucun autre sens, aucun autre but que celui que nous lui donnons : non seulement ça ne m’attriste pas, mais je trouve ça presque beau.

Oui, le monde est glacé.

Mais, oui nous sommes adultes.


[1Adapté d’Arundhati Roy. L’écrivain militant, Folio.


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