Atahualpa Yupanqui

mardi 2 décembre 2008
par  K.S.
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D’ascendance indienne quechua par son père et basque par sa mère, Hector Roberto Chavero Aramburu est né le 31 janvier 1908 à Pergamino, El Campo de la Cruz, au nord de Buenos Aires, au cœur de la Pampa, puis vécut à Fortín Roca, autre village de la Pampa, où son père était chef de gare.
A six ans, son apprentissage musical commença, il apprit à jouer du violon et de la guitare.
En 1921 - il avait 13 ans - son père mourut. Il décida alors d’abandonner ses études et de devenir artiste, tout en faisant toutes sortes de métiers pour gagner sa vie. Ainsi il parcourut les grands espaces de l’Argentine, y découvrant la réalité misérable de la vie des campesinos (campagnards) indiens ou métis.

Sa connaissance intime des êtres, des paysages, des coutumes ancestrales et de l’âme indienne vont nourrir son inspiration.

Poète aux aimables rimes/Va-t-en vivre dans la forêt/Et là tu en apprendras/Sur les misères du bûcheron.

Partage la vie du peuple/Regarde-le du dedans/D’abord il faut être un homme/Et poète seulement après… " [1]
Dès ses premières compositions, il devint leur porte-parole :
" Paysan, paysan/ Je chante pour toi paysan ! " [2]

"Moi je chante par les chemins/
et quand je suis en prison/
du peuple j’entends les voix :/
il chante beaucoup mieux que moi.
" [3]

Il choisit dès l’adolescence son pseudonyme : Atahualpa fut le dernier chef inca, assassiné par les conquistadores de Pizarre, Yupanqui, « le Grand Méritant », était le cacique suprême des indiens Quetchuas.

En 1928, journaliste à Buenos Aires, il explore la Bolivie en compagnie de l’ethnologue Alfred Métraux.

En 1948, sous du régime autoritaire de Juan Perón, il s’exile en France où il est accueilli par Aragon, Picasso et Eluard ; il fait ses débuts l’année suivante : Edith Piaf l’invite à assurer la première partie du spectacle qu’elle donne au théâtre de l’Athénée. C’est le point de départ d’une renommée internationale. " Sa plume et sa guitare – la sobriété au service de l’essentiel – font avec lui le tour du monde, et chantent toujours l’humanité, dans son irréductibilité. " dit de lui Patrick Frémeaux.
On peut noter des points communs dans les itinéraires d’Atahualpa Yupanqui et de Violetta Parra, remarquable chanteuse chilienne.

Atahualpa Yupanqui est aussi le poète de la solitude, seule compagne bien souvent sur les hauts plateaux venteux de la pampa :

" Je n’ai personne près de moi/parce que je ne cherche pas la pitié./Je méprise la charité/pour la honte qu’elle implique./Comme le lion de mes montagnes/je vis et je meurs dans la solitude. " [4]

Il est mort le 23 mai 1992 à Nîmes, France. Selon son désir, son corps fut rapatrié dans son pays natal et repose à Cerro Colorado (Córdoba, Argentine).
Il reçut deux fois le grand prix de Académie Charles Cros (1950 et 1960). Il était aussi l’auteur de plusieurs livres : Piedra sola, Cerro Bayo, Aires indios, Tierra que Anda, Guitarra, El canto del viento, Del algarrobo al cerezo, La capataza,.

S.K.S.


[1El poeta : " Poeta de tiernas rimas/Vete a vivir a la selava/Y aprenderas muchas cosas/Del hachero y sus miderias.
Vive junto con el pueblo/No lo mires desde afuera/Que lo primero es ser hombre/Y lo segundo, poeta…

[2Campesino : (" Campesino, campesino,/ Por ti canto, campesino "

[3Preguntitas sobre Dios : " Yo canto por los caminos,/
y cuando estoy en prisión/
oigo las voces del pueblo :/
que canta mejor que yo.
"

[4Milonga du solitaire :" A naides tengo a mi lado/porque no busco piedad./Desprecio la caridad/por la verguenza que encierra./Soy como el leon de mi sierra : vivo y muero en soledad.


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