J. Assange
Liberté de la Presse versus raison d’État ! Le cas Assange
Article mis en ligne le 8 octobre 2024

par Marc

"Je ne suis pas libre aujourd’hui parce que le système a fonctionné. Je suis libre aujourd’hui après des années d’incarcération parce que j’ai plaidé coupable d’avoir fait du journalisme”.
“J”ai plaidé coupable d’avoir cherché à obtenir des informations auprès d’une source et j’ai plaidé coupable d’avoir informé le public de la nature de ces informations. Je n’ai plaidé coupable d’aucun autre chef d’accusation", a-t-il poursuivi. "J’espère que mon témoignage aujourd’hui pourra servir à mettre en évidence les faiblesses des garde-fous existants et à aider ceux dont les cas sont moins visibles mais qui sont tout aussi vulnérables", a déclaré Julian Assange, regrettant voir "plus d’impunité, plus de secret, plus de mesures de représailles envers (ceux qui disent) la vérité et plus d’autocensure".

Le fondateur de WikiLeaks a passé les 14 dernières années cloîtré dans l’ambassade d’Équateur à Londres puis en détention à Belmarsh, une prison proche de la capitale britannique. En juin dernier, un accord de plaider-coupable avec la justice américaine lui a permis de quitter le Royaume-Uni en direction de Saipan, un territoire américain du Pacifique, où une juge l’a condamné à une peine de prison, déjà purgée lors de sa détention provisoire.

Approuvant une résolution basée sur le rapport de Thórhildur Sunna Ævarsdóttir (Islande, SOC), l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a déclaré que le traitement de M. Assange justifiait la qualification de prisonnier politique selon une définition adoptée en 2012, citant les accusations sévères portées à son encontre par les États-Unis d’Amérique, qui l’exposent à un risque d’emprisonnement à vie de facto, combinées à sa condamnation en vertu de la loi américaine sur l’espionnage « pour – ce qui était essentiellement – de la collecte et de la publication d’informations ».

L’Assemblée, qui réunit des parlementaires des 46 pays du Conseil de l’Europe, a également appelé les États-Unis à enquêter sur les crimes de guerre et les violations des droits humains présumés, révélés par lui et Wikileaks. Son incapacité à le faire, combinée au traitement sévère de M. Assange et de Mme Manning, laisse penser qu’en poursuivant M. Assange, le gouvernement américain a davantage cherché à dissimuler les méfaits commis par ses agents qu’à protéger la sécurité nationale.

La France avait rejeté la demande d’asile d’Assange fin 2023 et maintenant le gouvernement français reconnait qu’Assange pouvait être qualifié de prisonnier politique.

Folio/actuel vient d’éditer un livre d’Ignacio Ramonet , L’empire de la surveillance suivi de deux entretiens avec Julian, Assange et Noam Chomsky.

L’Échappée/Pour en finir avec vient de publier Barbarie numérique, une autre histoire du monde connecté de Fabien Lebrun avec avant-propos de Denis Mukwege.

Pour ceux qui veulent comprendre comment les États et les entreprises privées nous espionnent à chaque connexion sur le web, et qui veulent aussi apprendre à s’en protéger, vous pouvez consulter le site de La Quadrature du net

https://www.coe.int/fr/web/portal/-/pace-recognises-julian-assange-as-a-political-prisoner-and-warns-against-the-chilling-effect-of-his-harsh-treatment