Jusqu’à ces dernières semaines, Bétharam, ce nom me rappelait une charmante visite aux grottes du même nom, attraction touristique de Bigorre dans les Pyrénées. Aujourd’hui, il s’agit d’explorer les profondeurs de l’âme humaine, qui font maltraiter plus faible que soi, en l’occurrence des enfants.
Sévices corporels et/ou sexuels, depuis des lustres les laïques en parlent, mais ils ne sont pas écoutés. De toute façon, l’Église catholique en tant qu’institution se protège et cela avec la complicité des autorités qui sont plus ou moins au courant mais ne veulent pas de vagues.
Cette fois, les témoignages affluent, et pas seulement concernant Bétharam. D’autres lieux sont pointés. Est-ce que quelque chose va en ressortir ? Qui sait…
Mais l’actualité fait qu’à présent, on ne parle plus que rarement ou succinctement de ces questions, mises au jour il y a juste deux mois.
Si l’on voulait évoquer les précédents, on pourrait par exemple citer les « accueils » des religieuses du Bon Pasteur où étaient enfermées des mineures souvent jusqu’à leur majorité, délinquantes, prostituées, orphelines, ou caractérielles, sur demande des parents, de la DDAS ou du Juge des enfants, au mépris de la laïcité et des droits les plus élémentaires de l’enfant. Car beaucoup des sévices subis par ces jeunes filles, en vue de leur rédemption, ressemblent à ceux infligés dans les pensionnats pour garçons.
On remarquera que ce sont les plus démunis qui en sont les victimes : à Bétharam, les punitions les plus cruelles semblent bien avoir été réservées aux collégiens issus des milieux les plus modestes, comme au Bon Pasteur.
Depuis des décennies, puisque certaines remontent au début du XXème, des lois sont censées protéger les enfants parce que vulnérables. Mais sur le terrain, qu’en est-il ? Il est terrible de penser au secret qui couvre les maltraitances infligées, partout où des adultes se retrouvent à avoir tout pouvoir sur plus faibles qu’eux : pensionnats religieux - ou non, parfois -, maisons de « redressement », sectes et familles…
A bien des égards, sachant que l’adolescence se prolonge de nos jours, on pourra ajouter à la liste des maltraitances potentielles et systémiques, le service militaire que d’aucuns voudraient bien rétablir dans sa formule obligatoire. Car dans ce domaine comme dans d’autres, outre les sévices physiques, sexuels ou non, il en est d’autres, quasi invisibles mais à l’impact de longue durée : l’endoctrinement et le lavage de cerveaux.
Léonore