« Un nouveau pape est appelé à régner – araignée, quel drôle de nom pour un pape » disait Prévert.
Régulièrement, les médias nous tenaient au courant des problèmes de santé du pape François, victime d’une sérieuse infection pulmonaire. Et voilà qu’il décède ce lundi dit de Pâques, provoquant l’émoi des fidèles, mais pas seulement. Les infos sur La 3 : émission dédiée intégralement à l’évènement. Sur La 5, « C’est à vous » oublie les rires obligés et le divertissement, pour déplorer un décès prévisible et somme toute assez banal, à l’âge de 88 ans. Je passe sur Arte, pleine d’espoir d’échapper aux pleurs mais j’y apprends qu’une séquence sera consacrée exclusivement à cette histoire.
Ce pape est présenté comme humaniste, soucieux de la paix dans le monde, de l’accueil des migrants, mais on passe sous silence son intolérance quant aux libertés individuelles, notamment le droit au suicide assisté, à l’avortement et même à la contraception, son jugement des personnes LGBT, et l’oubli de ses engagements de départ de lutter contre la pédophilie au sein de l’Église. Pas d’avancée non plus sur la question du célibat des prêtres, et la place des femmes dans la liturgie. Cela fait quand même beaucoup pour un progressiste.
Que les fidèles catholiques s’émeuvent, c’est compréhensible. Mais les médias ? Les messes retransmises, les pèlerins interviewés, les évêques et cardinaux respectueusement interrogés, on veut nous faire croire que le monde entier est touché. Alors qu’il ne s’agit que d’affaires internes à la catholicité, nous sommes abreuvés de miracles de Lourdes et de nouveaux saints canonisés.
La venue de ce pape à Marseille, au vélodrome (!) aurait réuni « tous les marseillais ». Ce n’est pas vrai : je n’y étais pas, et je me considère comme une authentique marseillaise, donc il y eut au moins une exception…
Depuis longtemps, la laïcité pourtant inscrite dans la constitution de la république, est bafouée, détournée, ignorée tant par les autorités que par les partis politiques dans leur ensemble. Mais les médias vont plus loin, le matraquage est partout, jusqu’à la nausée.
Je ne me souviens plus exactement, mais je ne pense pas que le décès de la reine d’Angleterre eut davantage de retentissement.
Léonore