Femmes : chant interdit
Article mis en ligne le 13 mai 2025

par SYLKNOE

En avril dernier, sept artistes féminines iraniennes, ont été convoquées par les autorités dans la province du Khouzistan et ont reçu l’ordre de ne plus chanter.
Elles ont été fouillées, puis longtemps interrogées sur leurs activités politiques et artistiques pour être ensuite contraintes de signer un document leur interdisant le chant, d’assister à des réunions de femmes, de jouer d’instruments de musique et de se livrer à des activités artistiques sur les médias numériques. Une décision misogyne et liberticide qui touche : Elaheh Ahadi, Mahsan Ehterami, Negin Mansourinejad, Azardokht Taherpour, Ramesh Seyed, Mojdeh Nasiri et Zolfa Jamashiani. Les autorités les ont menacées d’action en justice et ont limités leur rôle aux uniques récitations religieuses [1]

En Afghnistan, femmes, jeunes filles et fillettes sont contraintes de rester à l’intérieur des maisons sauf à être chaperonnées par un homme de leur famille, mais aussi ne peuvent plus chanter, danser, et même parler entre elles.

Ce sont là deux réalités marquantes dont parlent – un temps très court – les médias. Au quotidien, dans les pays où l’islam est religion d’Etat, les contraintes sont multiples, et toutes font des femmes des mineures et des dangers pour la morale, couvertes des pieds aux cheveux pour protéger ces pauvres hommes de la tentation. Sans omettre les mutilations sexuelles… Dès l’enfance, toute personne de sexe féminin est conditionnée afin d’accepter, au nom de la religion et des traditions – cette relégation.

Dans les pays de tradition chrétienne, la situation parait moins grave. Les luttes féministes, les engagements pour la laïcité ont fait avancer les sociétés occidentales. Mais encore maintenant, dans les milieux traditionalistes, la mixité, la liberté sexuelle, le droit au doute et à la réflexion critique, à la remise en cause des usages, tout ceci est impossible. La famille dans ce cas est une prison physique et psychologique, qui s’apparente sérieusement à de la maltraitance.

Enfin, un petit point d’histoire : Dans l’ouvrage « Les femmes et la création musicale » [2], on trouve ce ceci « Le concept de musique diabolique concentre au Moyen Age toute la méfiance envers le pouvoir sensuel et extatique de la musique (R.Hammerstein). On apprend dans ce chapitre comment alors les différentes autorités religieuses, tant chrétiennes qu’hébraïques, interdirent aux femmes de chanter, y compris chez elles. Sur ce point, le machisme d’aujourd’hui répond à celui d’hier, mais reste soutenu par les religions monothéistes, et ne cachent pas une forme de haine du féminin.

Léonore