« Guerre à la guerre – une traversée du pacifisme libertaire » : suite
Article mis en ligne le 8 juin 2025

par SYLKNOE

« Guerre à la guerre – une traversée du pacifisme libertaire » par Pierre Sommermeyer. Les Editions du Monde libertaire, collection Ici et maintenant, octobre 2024

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Il y a quelques mois, Léonore avait rendu compte de ce livre très dense. Cette fois, nous publions des extraits parlants qui viendront compléter l’article précédent (https://penselibre.org/spip.php?art...).

« La masse des hommes sert ainsi l’État, non point en humains, mais en machines avec leurs corps. C’est eux l’armée permanente, et la milice, et les geôliers, les gendarmes, la force publique, etc. La plupart du temps sans exercer du tout leur libre jugement ou leur sens moral ; au contraire, ils se ravalent au niveau du bois, de la terre et des pierres et on doit pouvoir fabriquer de ces automates qui rendront le même service. » (Henry David Thoreau)

« En tout cas, la paix ne se fera que par les peuples, tous intéressés à empêcher leurs gouvernants de poursuivre des rêves sanglants et ruineux.
Aussi longtemps que les États existent, le militarisme existera aussi, car il est leur principal instrument de domination. Le nombre est toujours grand de ceux qui ne comprennent pas encore que militarisme et étatisme sont inséparables. Qui dit antimilitarisme dit en même temps antiétatiste. Les véritables antimilitaristes sont donc des anarchistes, comme ils sont aussi les seuls libres-penseurs. » (Domela Nieuwenhuis)

« Tout partisan de la violence expose le problème comme si nous avions le choix entre deux choses : soit un but élevé à atteindre par tous les moyens, soit renoncer à ce but. Cette alternative est tout simplement fausse ; en réalité, la situation ne se présente pas ainsi.
Ceux qui utilisent des moyens cruels et indignes en oublient leur objectif. Tout évènement a sa conséquence : la violence également. Elle entraîne une nouvelle violence, comme le prouve l’histoire entière. » (Clara Wichman)

« Puisque le socialisme signifie paix, non-violence, élan vers l’être humain et pour la justice, il ne peut être atteint par les moyens de la guerre. Et la lutte avec des instruments de la mort ne prépare pas à une vie équilibrée et paisible. Une telle lutte rend les êtres humains impropres à vivre collectivement dans le calme. » (Fritz Oerter)

« Dans tous les États, il y a un point où l’État approche l’ultime ratio de son existence et impose une violence à la société, face à laquelle toute protection juridique lui est refusée, et détruite par l’État souverain. Ce fait est compréhensible si l’on reconnaît que l’État n’est rien que la violence centralisée et organisée dans la société et contre la société. » (Pierre Ramus)

« Parce que nous avons par d »amères expériences, personnelles aussi bien que sociales, que lorsque dans n’importe quel domaine nous faisons usage de moyens qui sont essentiellement en contradiction avec le but poursuivi, ces moyens nous détourneront inévitablement de celui-ci même s’ils sont appliquée avec la meilleure attention. » (Barthélemy de Ligt)

« Rabelais, ce grand maître, avait écrit au fronton de l’abbaye de Thélème : « Fais ce que veut » […] Ni chef qui commande ni soldat qui obéit ; l’autorité qu’on exerce et celle qu’on supporte étaient tenues en égale horreur. Cela veut dire aussi que l’anarchiste n’accepte aucune violence et entend n’en pratiquer soi-même sur personne. » (Hem Day)