Savoir vivre, savoir mourir
Article mis en ligne le 19 juillet 2025

par SYLKNOE

On ne choisit pas de naître, mais on doit pouvoir mettre fin à cette vie qui nous a été donnée, offerte, mais aussi imposée, quand elle n’a plus de sens pour nous, quand elle ne nous apporte plus que souffrances et/ou désespoir. Cela parait une évidence, mais pas aux yeux des religieux pour qui, par l’intermédiaire des parents, c’est « Dieu » qui a décidé de notre existence, et la raccourcir devient donc un acte de désobéissance, un grave péché.

Je n’ai jamais compris comment les monothéismes – entre autres – pouvaient condamner l’avortement, voire la contraception, le suicide, la mort assistée, et trouver acceptable d’envoyer à la mort des millions d’individus, souvent très jeunes, à la guerre au cours de laquelle ils vont tuer ou être tués, sans compter le massacre de civils, premières victimes des conflits. Comme si les catastrophes naturelles ne suffisaient pas, ni les catastrophes causées par l’activité humaine, mais « Les dieux ont soif… »

Le projet de loi autorisant sous certaines conditions assez contraignantes le suicide assisté, va-t-il enfin être voté ? Précédemment, la venue d’un pape a suffi pour faire repousser son examen par l’Assemblée. Mais quoi ? Le pape y est opposé, certes, mais qu’est-il dans un pays dont la constitution inclut clairement la laïcité… Sauf que l’Eglise catholique, malgré la loi de 1905, n’a pas renoncé à ses privilèges, et continue de percevoir des subventions pour ses établissements d’enseignement privé. Ainsi les méthodes particulières des prêtres peuvent s’exercer sur des enfants en toute impunité : agressions sexuelles, viols, coups, le tout avec l’acceptation silencieuse de la hiérarchie, et même, hélas, de certains parents.

La laïcité : une séparation claire et nette du public et du religieux, chacun étant libre de ses choix, et de l’exercice privé selon ses convictions.

Cela n’est accepté par l’Eglise catholique que par contrainte, mais pas dans son principe. De même l’islam qui ne considère pas qu’il y ait une limite entre le religieux et le civil. Ce qui entraîne de multiples pressions sur les individus.

D’un côté, une grande partie de la gauche au nom de la défense des populations défavorisées, « racisées », renonce à la laïcité perçue comme discriminatoire, parce que ces populations sont – en théorie - musulmanes. Symétriquement, par haine des plus pauvres et des immigrés, la droite et l’extrême droite, fascistes en tête, se réclament d’une laïcité qui n’a plus que le visage de la répression, tout en protégeant la catholicité.

Quand une majorité de citoyens se prononce pour une aide à mourir, médicalisée ou non, comme elle revendiqua le droit à l’IVG et à la contraception, le recours du gouvernement aux avis des représentants religieux n’a aucune légitimité, tant sur le plan sociétal que constitutionnel. Car si « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » pourquoi s’en référer à ce qui relève de la conviction personnelle…

Et encore ceci, continuant le parallèle entre les luttes pour ces droits individuels fondamentaux :

Pour l’IVG et la contraception : « Si tout le monde fait pareil, alors, il n’y aura plus d’enfants ! ». Pourtant, l’examen des chiffres toujours plus hauts de la population mondiale est à même de rassurer ces bonnes âmes. Lesquelles veulent oublier, de surcroît, les décès et les invalidités dues aux avortements clandestins.

Pour le Droit à mourir dans la dignité : « C’est un signal pour inciter les plus fragiles à se donner la mort, c’est la porte ouverte aux abus sur les handicapés et les personnes âgées ». Là aussi, bonnes gens, ne vous alarmez pas. Dans les hôpitaux, on sait à l’occasion abréger les souffrances ou même, disent certains, faire de la place… Et beaucoup de ceux qui aspirent à la fin d’une existence trop lourde et douloureuse n’hésitent pas à faire le geste fatal, avec la dimension dramatique que l’on sait sur les proches. Quant aux plus fortunés – et là encore le principe d’égalité est mis à mal - ils peuvent, s’ils en sont encore capables, aller en Suisse ou en Belgique.

La mort est rarement une chose simple. Alors pourquoi rajouter de la souffrance ? Pourquoi interdire de partir en paix, la paix qui manque tant par ailleurs de par le monde ?

Léonore