Selon l’ AFP, au Maroc une enquête a été ouverte à l’encontre de Ibtissame Lachgar qui a été placée en garde à vue. Le motif : sur une photo partagée sur les réseaux sociaux, elle apparaît avec un tee-shirt où est inscrit "Allah is lesbian", "un texte comportant une offense à la religion islamique" selon la loi.
La photo était accompagnée d’un texte qualifiant l’islam, "comme toute idéologie religieuse", de "fasciste, phallocrate et misogyne".
La publication a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes appelant à son arrestation.
Dans une publication sur Facebook, Ibtissame Lachgar a affirmé être victime depuis plusieurs jours de cyberharcèlement et avoir reçu "des milliers de menaces de viol, de mort, d’appels au lynchage et à la lapidation".
Pour le procureur du roi près le tribunal de première instance de Rabat cette garde à vue est conforme à la loi, car cette photo contient "des expressions offensantes envers Dieu" et "un texte comportant une offense à la religion islamique".
Le code pénal marocain prévoit une peine de six mois à deux ans de prison et/ou une amende de 20 000 à 200 000 dirhams (environ 2 000 à 20 000 euros) pour toute atteinte à la religion islamique, pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison si l’"outrage" est commis par un moyen public, y compris "électronique".
Quelle possibilité de liberté de pensée et d’expression dans un pays, quel qu’il soit, qui considère le « blasphème » comme un délit, voire un crime ? Où il existe une religion d’État ? Seule la séparation du civil et du religieux permet de protéger les corps et les esprits de l’intolérance.
Eska Hesse