Sans doute une des rares bonnes nouvelles, dans le flux d’informations accumulant massacres, montée des populismes et dictatures en tous genres, catastrophes naturelles, réchauffement climatique, pollution, etc…
Boualem Sansal est pour moi, à la fois, un remarquable écrivain, un conteur, mais aussi un témoin lucide et courageux des dérives qui annihilent la liberté de pensée et d’expression. Il a révélé le visage du pouvoir en Algérie, et c’est, entre autres motifs, pour cela, qu’il a été emprisonné. A présent, il est gracié ! Terme injuste et insultant pour cet homme digne, qui n’est coupable de rien de ce qui lui est incriminé. Peut-être le pouvoir algérien ne souhaitait pas qu’il meure en prison, cela aurait entrainé, qui sait, des soucis diplomatiques, encore que la république française ne semble pas avoir beaucoup fait pour sa libération, à l’inverse de simples citoyens amis des droits fondamentaux et de la littérature. Quant à la gauche, elle a laissé la défense de l’écrivain à la droite, le privant d’un soutien essentiel, et surtout glissant vers un déni des valeurs de liberté et de fraternité qui l’animaient… autrefois.
Boualem Sansal n’est plus tout à fait jeune, il a des soucis de santé, j’espère qu’il va continuer son œuvre, faire tout à la fois réfléchir, rêver et voyager dans l’univers des mots, lui qui a si bien compris le message de Camus : "mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde".
Léonore