Une bibliographie parmi d’autres possibles...

mardi 19 mai 2009
par  K.S.
popularité : 8%

De très nombreuses publications récentes font référence à Darwin et à la "Théorie de l’Evolution", mais aussi au créationnisme et à l’Intelligent Design.

Ci-dessous, voici quelques propositions concernant des revues et des sites web (on trouvera des références de livres dans la rubrique "Notes de lecture) :

Quelques revues :

Les dossiers de La Recherche ont publié un « numéro anniversaire [1] » intitulé «  L’héritage Darwin ».

Tous les articles y sont intéressants. Voici un extrait de « L’évolution vue de l’intérieur » [2] :

« Au début du XXe siècle, de nombreux biologistes croyaient encore qu’il existait des forces intégrées aux organismes qui contrôlaient les principaux bonds en avant dans l’histoire de la vie. La philosophie de l’élan vital d’Henri Bergson fut présentée explicitement comme concurrente du matérialisme darwinien. La vie y était clairement une force active, les organismes individuels luttant pour s’améliorer en réponse aux limitations imposées par l’environnement matériel. Le résultat était une ascension inévitable, bien qu’irrégulière et imprévisible, vers des états supérieurs.

Une autre façon anti-darwinienne de penser l’évolution, très différente, s’est concentrée sur les facteurs internes dans le but précisément de rejeter les éléments de hasard et d’imprévisibilité, qui étaient au centre aussi bien de la théorie de Darwin que de celle de Bergson. Pour Darwin, le fait que l’évolution soit dirigée seulement par la pression de l’environnement local signifiait qu’elle était un processus divergent dans lequel chaque nouvelle branche conduisait dans une direction imprévisible, dépendant du nouvel environnement dans lequel la population a migré. L’évolution n’avait pas de direction ou de motif privilégié (de ce point de vue, la conception de Bergson n’était pas si différente). L’histoire de la vie était une masse déconcertante et imprévisible de branches divergentes, au sein de laquelle nous décidions après coup d’identifier la branche qui conduisait aux humains comme celle qui avait avancé plus loin que n’importe quelle autre.
Pour beaucoup de biologistes, dans les années 1900, une telle vision était inacceptable : ils voulaient croire que la nature était un système ordonné et que chaque branche de l’évolution se déployait dans une direction prévisible. La meilleure façon d’imposer ce niveau de prévisibilité à l’évolution était de nier tout rôle à l’adaptation et de postuler que l’évolution de chaque groupe était conduite principalement par des forces internes à l’organisme. Ces forces imposaient aux variations de se produire dans une direction particulière. Cette théorie, baptisée orthogenèse, était particulièrement populaire parmi les paléontologues, qui pensaient détecter des tendances linéaires et non adaptatives dans l’évolution de nombreux groupes du registre fossile
 »

Le n° 954 de Courrier international (du 12 au 18 février 2009) pour évoquer le bicentenaire de Charles Darwin choisit le titre suivant : « L’homme qui tua Dieu », précisant :

« Darwin fut le premier à formuler l’idée d’une évolution des espèces due au seul hasard, indépendante de toute volonté divine et de tout déterminisme. De quoi modifier radicalement le cours de la pensée scientifique. » Dans un assez long article, Peter J. Bowler dit de Darwin : « L’homme était un penseur extrêmement inventif, qui fit la synthèse de nombre d’idées essentielles, certaines issues de ses recherches scientifiques, d’autres de pensées circulant dans son environnement culturel. […] Sa palette singulière d’intérêts scientifiques lui permit de s’intéresser à des sujets ignorés par d’autres naturalistes et d’exploiter ces sources d’inspiration avec une immense originalité. » et un peu plus loin : « Pour Darwin, l’adaptation des populations à leur environnement était l’unique cause de transformation, la sélection naturelle étant l’agent d’adaptation des espèces à un univers en perpétuel changement, et ce en faisant disparaître les variantes inaptes au cours d’une impitoyable « lutte pour l’existence ». voilà un processus qui ne pouvait guère être l’œuvre d’un dieu bienveillant, d’autant plus qu’étant donné la nature essentiellement « individualiste » de ce processus, une existence parasitaire pouvait dans certaines circonstances être une réaction d’adaptation parfaitement naturelle. Pis encore, l’hypothèse de Darwin que l’apparition de variations individuelles dans une population était fondamentalement due au hasard écartait totalement la possibilité que l’évolution suive un schéma de développement prédéterminé. Elle ne tend vers aucun but manifeste et ne produit pas un système ordonné de relations entre les espèces. […] ces variations avaient indubitablement une cause (les mutations génétiques, en l’occurrence, comme on le comprit au début du XXème siècle), mais pas de but précis… »

A noter également un numéro de Sciences… et pseudo-sciences édité par l’Afis [3] « créationnisme et enseignement » daté d’avril 2008 (n° 281).

"Pour la Science" publie un Dossier [4] avec ce titre : "L’évolution - rien ne l’arrête !".

Là aussi, les différents articles sont intéressants. Mais voici de quelle façon l’éditorial introduit la question :

D’abord une comparaison poétique :

"Dans l’Odyssée, Homère raconte comment Ménélas et ses compagnons capturent Protée, divinité de la mer, pour le forcer à révéler comment ils peuvent rentrer chez eux après des années de guerre à Troie. Protée tente de leur échapper en se transformant d’abord en lion, puis en dragon, en panthère, en sanglier énorme, et encore en eau et en arbre. Mais les hommes le tiennent de leurs bras vigoureux, et le dieu finit par parler.

Comme Protée, le monde du vivant se transforme. et comme le vieillard de la mer, il ne se laisse pas questionner facilement. Mais Darwin, tel Mélénas, a réussi à le faire parler."

L’auteure, Bénédicte Leclercq poursuit :

"Il [Darwin] a sillonné les océans, accumulé les observations, mené des expériences, puis s’est accordé deux décennies de réflexion ; il a ainsi compris que les transformations du vivant cachent une grande unité et sont la clé de sa pérennité. Tous les êtres vivants ont une ascendance commune, et chaque génération intègre de la nouveauté pour s’adapter aux changements de l’environnement. Les gènes proposent, la nature dispose."

Cette dernière formulation laisse planer une curieuse impression. Qu’il s’agisse de facilité de vocabulaire, ou d’une idée plus profonde, cela ressemble un peu à du finalisme. La nature - qu’est-ce ?

La comparaison avec l’Odyssée (évoquant sans doute le film L’Odyssée des espèces) termine l’édito :

"Après Darwin, des générations de biologistes ont découvert comment s’élabore la nouveauté, et identifié divers mécanismes de sélection. Un grand nombre de disciplines - la paléontologie, la génétique des populations, l’étude des génomes, l’embryologie, l’écologie, l’éthologie, l’anthropologie, voire la psychologie - ont fait émerger de nouvelles idées et nourri la théorie de l’évolution. La vie est une odyssée, que les scientifiques n’ont pas fini décrire."

Odyssée : voyage truffé d’aventures extraordinaires. Le problème avec l’emploi de ce terme, c’est que dans l’Odyssée d’Homère, ce sont les dieux qui décident des aventures extraordinaires de Ménélas et de ses compagnons...

D’accord, faire un édito n’est jamais simple !

Trouvé sur Télérama hors série « 150 ans après la théorie de l’Evolution CHARLES DARWIN dérange encore » cette définition du Dessein intelligent [5] :

« L’adepte de la théorie du dessein intelligent est un créationniste qui a fait des études supérieures. Il admet volontiers que la Bible est peuplée de métaphores et non de vérités scientifiques. Mais il estime que la théorie de l’évolution ne suffit pas à expliquer la complexité, la beauté et la diversité de la vie. Il décide donc d’élaborer des théories scientifiques bancales pour démontrer qu’une force supérieure est intervenue pour créer le monde. Tout ceci en dépit de l’existence de l’ornithorynque [[Egalement dans le lexique cité plus haut : « L’ornithorynque a un bec de canard et un corps de lapin. La femelle pond des œufs comme les reptiles et allaite ses petits comme les mammifères (sauf que le lait coule de ses poils car elle n’a pas de glandes mammaires). Bref, en créant l’ornithorynque, la nature semble avoir un peu perdu le fil de sa pensée. La science explique l’originalité morphologique de la bestiole par la notion de l’ »évolution en mosaïque » : tous les caractères de l’ornithorynque n’ont pas évolué de concert. Une manière polie de dire que la nature bricole parfois des machins improbables. Notons que les ornithorynques ne sont improbables que parce qu’ils sont peu nombreux. Hasard de l’évolution. Dans un monde peuplé de quatre mille espèces de monotrèmes avec des becs, les ornithorynques ne feraient pas jaser. » .

Sur le web :

Quantités de renseignements, d’indications bibliographiques, d’annonces d’expositions et de conférences sur : http://www.darwinisme.org

Les Sceptiques du Quebec http://www.sceptiques.qc.ca/diction...,
proposent un excellent article sur le créationnisme dont voici quelques extraits :

«  Le créationnisme est une théorie religieuse et métaphysique sur l’origine de l’univers. Ce n’est pas une théorie scientifique. Techniquement, le créationnisme n’est relié à aucune religion en particulier. Il exige simplement une croyance dans un Créateur surnaturel. Des millions de chrétiens et de non-chrétiens croient qu’il existe un Créateur de l’univers et que la théorie de l’évolution n’entre pas en conflit avec la croyance dans un Créateur. Cependant, des chrétiens fondamentalistes ont créé le terme « créationnisme » et il est maintenant difficile de parler de créationnisme sans qu’il soit entendu qu’on veuille parler de la doctrine chrétienne fondamentaliste soutenue par, entre autres, Ronald Reagan, Jerry Falwell, Pat Robertson aux États-Unis ou Stockwell Day au Canada.

[…] Les théories scientifiques ne sont ni vraies ni fausses, elles sont une explication des faits. Que les espèces aient évolué vers d’autres espèces est considéré par 99,99 % de la communauté scientifique comme étant un fait scientifique. Comment les espèces évoluent, c’est ce que la théorie de l’évolution est censée expliquer. […] Les créationnistes, confondant l’incertitude en science avec le non scientifique, considèrent la discussion entre les évolutionnistes comme un signe de faiblesse. Pour les scientifiques, l’incertitude est simplement un élément inévitable et important de la démarche scientifique. Ils considèrent la discussion sur les questions théoriques fondamentales comme saine et stimulante.

[…] Les scientifiques créationnistes ne peuvent être considérés comme de vrais scientifiques parce qu’ils affirment que leur traduction de la Bible ne peut pas être erronée. Ils présentent leurs vues comme étant irréfutables. Par conséquent, quand les faits contredisent leur lecture de la Bible, ils prétendent que les faits sont faux. La seule recherche scientifique qu’ils semblent faire a toujours pour but de prouver que telle ou telle allégation scientifique est fausse. Le créationnisme scientifique ne voit aucun besoin de tester ses propres théories puisqu’elles ont été révélées par Dieu. Une théorie absolument sûre ne peut pas être empiriquement testée, sauf que la testabilité empirique est le propre d’une véritable théorie scientifique. Les prétentions à l’infaillibilité et la certitude absolue ne caractérisent pas la science, mais les pseudo-sciences.

Ce qui est le plus révélateur sur le manque de rigueur scientifique des créationnistes est de voir avec quelle facilité, quel empressement et le peu d’esprit critique ils acceptent et adoptent une nouvelle pensée du moment que cette pensée semble contredire la théorie de l’évolution. Particulièrement, tout fait semblant soutenir la notion que les dinosaures et les humains ont vécu ensemble sera accueilli avec enthousiasme par les militants créationnistes.  »

Sur « Hominidés – les évolutions de l’homme » http://www.hominides.com/html/theor...

Sous le titre : Créationnisme - La Bible - La Genèse
Source principale : le Bible, Le Livre de la Genèse.
Age de la terre : entre 6000 et 12000 ans.
Premier Homme : entre 6000 et 12000 ans.

La théorie

En six jours, Dieu créa la terre, les plantes, les animaux, l’homme et enfin la femme (Adam et Eve). Les nouvelles espèces sont impossibles, et les mutations n’existent pas (Fixisme).
Tous les êtres vivants actuels sont donc issus d’un couple unique d’origine. La seule « évolution » des espèces possible est la disparition (par exemples les dinosaures).
Seul évènement dans cette courte histoire, le déluge : la terre a été recouverte entièrement d’eau et seul un couple de chaque espèce a été sauvé (c’est la fameuse Arche de Noé).

La critique

Cette théorie est impossible à démontrer scientifiquement parlant (en géologie, paléontologie et biologie ) et incompatible avec divers éléments connus comme des fossiles datés de plus de 12 000 ans.
L’énorme avantage du Créationnisme est que sa source (La Bible) est incontestable pour ses défenseurs : elle n’explique rien, elle est !

Les protagonistes

Officiellement quelques églises érigent le Créationnisme en dogme car issu de la Bible : les Témoins de Jéhovah, les Baptistes…
Des organisations, moins pacifiques, comme le Ku Klux Klan utilisent cette théorie à des fins plus agressives…

Actuellement

La bataille pour le Créationnisme a surtout lieu aux Etats Unis, sur un plan éducationnel, où ses défenseurs souhaitent voir leur théorie enseignée dans le cursus scolaire au même titre qu’une science. Depuis 1987 le créationnisme essaye de réapparaître déguisé en théorie scientifique : le Dessein Intelligent.
En Europe le débat ne passionne pas les foules !
A noter, le Pape Jean Paul II, pourtant plutôt conservateur, a expliqué que le principe d’évolution pouvait s’intégrer dans une croyance et une foi en la Création.
Hominides.com ouvre également ses colonnes au père Robert Divoux : Evolution des espèces et foi en Dieu.

A lire :
Un nouveau dossier sur les mensonges sur la théorie de l’évolution : des réponses aux créationnistes qui font dire n’importe quoi à Darwin et aux évolutionnistes.

Enfin, sur http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTEN... "Darwin philosophe, un texte de Martin Godon, Collège du Vieux-Montréal, dont voici quelques extraits :

"Il n’est pas habituel de considérer Charles Darwin comme un philosophe. Sa théorie de l’évolution interprète des faits strictement biologiques. Cependant, le développement de la philosophie a été profondément marqué par cette théorie. Puis la religion, l’histoire, la psychologie et, finalement, toutes les sciences sociales ont ressenti les effets importants provoqués par la découverte du naturaliste anglais. Bien qu’elle ne conduise pas directement à un développement technologique, sa théorie constitue néanmoins une des révolutions scientifiques les plus importantes de l’époque moderne.
D’un point de vue philosophique, la découverte de Darwin va complètement bouleverser notre image de l’humain. Bref, sa théorie s’oppose radicalement au récit biblique selon lequel nous aurions été fabriqués par Dieu au sixième jour de la Création il y a environ 5 000 ans. Charles Darwin nous apprend plutôt que l’apparition de l’être humain sur Terre est la conséquence de diverses métamorphoses qui ont affecté le corps des singes dans un lointain passé.
En affirmant qu’une espèce de singe serait l’ancêtre de l’homme, Darwin nous force à repenser la distinction classique entre l’humain et l’animal. Sa théorie nous conduit à admettre que nous sommes le résultat improbable d’un long processus biologique qui a débuté il y a plusieurs millions d’années. Depuis Darwin, on ne peut donc plus prétendre scientifiquement que Dieu a créé directement l’être humain.
"

Et enfin quelques titres de livres :

- C. DARWIN, 1809-1882, The Autobiography, edited by Nora Barlow, New York, Londres, Norton & C°, 1993 ;

- C. DARWIN, L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature, trad. J.-J. Moulinié (d’après les 5e et 6e éditions anglaises), Verviers, Gérard & C°, Marabout-Université, 1973 ;

- C. DARWIN, La Filiation de l’Homme et la sélection liée au sexe, Paris, Syllepse, 1999 ; P. TORT ;

- La Pensée hiérarchique et l’évolution, Paris, Aubier, 1983 ; P. TORT (dir.) ;

- Darwinisme et société, Paris, PUF, 1992 ; P. TORT (dir.) ;

- Dictionnaire du darwinisme et de l’évolution, Paris, PUF, 1996, 3 vol. ; P. TORT ;

- Pour Darwin, Paris, PUF, 1997 ; P. TORT ;

- Darwin et la science de l’évolution, Paris, Gallimard « Découvertes », 2000 ; P. TORT ;

- La seconde révolution darwinienne, Paris, Kimé, 2002 ;

- P. Tort, Darwin et la philosophie, Kimé ;

Et aussi, hypothèse complémentaire et non contradictoire à celle de Charles Darwin :

- Pierre Kropotkine, L’Entraide, Ed. Tops/H.Trinquier, 2002 (texte original de 1919).

S.K.S.


[1n° 33, trimestriel, novembre 2008

[2pages 34 à 39

[3Afis : Association française pour l’information scientifique

[4n° 63, avril-juin 2009

[5Prologue, le lexique, p. 12


Brèves

24 juillet 2013 - Jacques Prévert :

"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

31 janvier 2012 - Nice : Défense de la laïcité

"Pour un service Public
de la PETITE ENFANCE"
Vendredi 10 Février de 18h.30 à 20h
Plus de (...)

3 octobre 2010 - Lourde (s) bavure...

Le 13 septembre dernier : un convoi de pèlerins italiens à destination de Lourdes sur un train de (...)