Après le contre sommet…

mercredi 9 décembre 2009
par  K.S.
popularité : 9%

Déjà loin, le contre sommet de l’OTAN, plusieurs mois déjà, occupés à d’autres luttes, d’autres engagements ?
Ce serait une erreur que de « coller à l’actualité » fut-elle militante.
Pour réfléchir à ce qui s’est passé alors, quelques pistes : une revue, et plusieurs sites.

image : planetenonviolence.org

La revue :

Le dernier numéro de Réfractions [1], outre son thème principal sur l’entraide, réunit plusieurs articles dont « Choses vues et vécues » d’Alain Bihr, et « Contourner un affrontement violent et stérile » de Pierre Sommermeyer.

Le premier ne trahit pas son titre en donnant une impression très forte mêlée de beaucoup d’humour : « Dans les jours précédant immédiatement le sommet en question, j’ai vu des équipes d’ouvriers municipaux encadrés par des policiers marquer toutes les bouches d’égout, boîtiers électriques, bouches d’eau, boîtes aux lettres, situés dans la rue d’à côté, de manière à pouvoir immédiatement vérifier qu’elle n’avaient pas été ouverte : on apprendrait plus tard que ce serait un lieu de passage de participants au sommet, dont un certain Nicolas Sarkozy. »

image : fastrasbg.lautre.net

Le second allie à description des faits l’élaboration de questions et de réflexions. Ainsi : « C’est bien à cette impasse que sont confrontés celles et ceux qui pensent que la révolution, ou tout du moins le processus révolutionnaire, est une nécessité absolue pour changer le monde. Cette impasse, le choix apparemment impossible entre la marche à pied, c’est-à-dire la manifestation traditionnelle, et l’affrontement sporadique avec les forces de répression, pourrait être dépassée par la recherche d’une autre façon de faire, d’agir, d’affronter les structures d’oppression. »

image : pasidupes.blogspot.com

Des sites :

- « Divergences », édition de septembre 2009, « Sommets, contre-sommets, discussion » http://divergences.be/spip.php?arti... :

« Il ne s’agissait pas de savoir si les contre-sommets avaient ou non été " réussis ", mais de contribuer à une éventuelle réussite a posteriori : une expérience réussie passe aussi par ce qu’on est capable ou non d’en tirer ensuite, pour avancer. »

- « Anarchisme et Non-Violence 2 » un article « Strasbourg, 4 avril 2009 : un champ de bataille comme alternative à l’OTAN ? » également présent sur Réfractions http://anarchismenonviolence2.org/s... avec ces remarques :

« Pour pouvoir prendre des risques, pleinement des risques, j’ai besoin d’être rassuré. Et pour moi ce facteur de réassurance c’est le cadre de la non-violence.

Une conclusion que je tire de cette journée de chaos éprouvante, est donc la suivante : agir dans des cadres qui me conviennent, où je me sens respecté, où je peux prendre des risques.

Je veux cesser de me raconter des histoires avec la « diversité des tactiques », qui présuppose que les actions violentes et non-violentes peuvent cohabiter sans aucun problème dans une même action globale. En réalité ces actions présupposent une dynamique et une logique qui sont difficilement compatibles. »

[|[...]|]

« Suite à l’action, Pierre, militant anarchiste, ancien réfractaire à la guerre d’Algérie, entre dans une colère noire : " Je n’ai pas refusé d’être soldat pendant la guerre d’Algérie pour me faire embrigader dans une guérilla contre mon gré ! "…  »

[|[...]|]

« Ma douleur n’est pas conforme à leurs attentes. Dès que mon témoignage s’échappe de la version autorisée, je les vois s’absenter de leur empathie, se retrancher dans leur jugement politique, me ranger dans une case bien rangée de leur analyse politique, celle de « socio-démocrate anti-casseurs ». De traître. Je ne leur ai donc rien dit de mes blessures. J’ai senti que mon malaise n’était pas politiquement correct. Il ne correspond pas à l’idéologie officielle. Tant pis, ils oublieront sans difficulté mon malaise. Et moi, leur idéologie ? »

- « rebellyion.info, site d’infos alternatives lyonnaises » avec tout un dossier, intitulé « Après avoir tout brûlé », que l’on pourrait sous-titrer : « aller à l’encontre de la tendance à considérer les questionnements comme des menaces » http://rebellyon.info/Apres-avoir-t... et dont voici un extrait :

« Ces textes se présentent comme un projet collectif, mais il n’y a pas réellement de groupe ou de collectif derrière ces écrits. Il n’y a pas de réunion ou de projet commun qui ont abouti à la mise en place de ces idées. Beaucoup d’entre nous, dont les idées sont exprimées ici étions à Strasbourg en avril 2009, et probablement que nos chemins se sont croisés à différents autres moments, derrière des banderoles et des barricades, ou dans divers espaces libérés à travers l’Europe. Ce que nous partageons tous est le besoin de générer et participer à des débats autour des actions qui se sont déroulés à Strasbourg pendant le sommet de l’OTAN, et au-delà.

Cette manière d’écrire a été choisie pour se libérer des polarisations politiques qui structurent notre pensée à propos d’une idée ou d’une approche. C’est un exercice qui requiert un niveau de confiance et d’acceptation de pensées “autres”, inhabituel dans une culture politique qui tend à valider ou rejeter un argument en fonction de la position idéologique sur laquelle nous percevons qu’il repose. Les doutes et questions soulevés par les personnes qui ont vécu différents moments des actions à Strasbourg (durant les quatre journées et pas seulement le samedi) et qui venaient de différents pays, contextes, genres, avec différentes expériences de luttes, étaient bien sûr très variées et parfois contradictoires. Nous avons choisi de les traiter, non comme des positions uniquement conflictuelles, mais comme des doutes internes, des questionnements, des contradictions et des ambivalences, qui peuvent potentiellement se retrouver au sein d’un même mouvement ou même coexister dans un seul esprit. »

Bonne lecture, et bons débats !

SKS


[1Réfractions, recherches et expressions anarchistes n° 23, automne 2009, Les Amis de Réfractions, courriel refractions@plusloin.org


Brèves

8 août - Ne pas oublier : Les 6 et 9 août 1945

Les 6 et 9 août 1945, bombardements atomiques sur les villes de Hiroshima (340 000 habitants) et (...)

20 juin - 20 juin : Journée mondiale des réfugiés.

Plus de 5000 personnes sont encore mortes noyées en 2016 en Méditerranée. La France, terre (...)

8 mai - Au mois de mai

En mai 1931, sortie à Paris du premier numéro du mensuel "La Grande Réforme" sous-titré : Organe (...)

1er décembre 2016 - 1er décembre : Journée pour les Prisonniers pour la Paix

Le 1er décembre de chaque année, l’Internationale des Résistan(te)s à la Guerre et ses membres (...)

6 août 2016 - Le 6 et le 9 août 1945

Ne pas oublier : Le 6 août 1945, à Hiroshima (Japon), le feu nucléaire de la première bombe A, (...)