La pédophilie ecclésiastique catholique galopante

mercredi 30 juin 2010
par  Léonore
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Sur Divergences de mai 2010 (http://divergences.be/spip.php?arti...) cette note de lecture :

La pédophilie ecclésiastique catholique galopante

 [1]

Le père, mineur, est blessé lors de la seconde guerre mondiale, et sans indemnité. La mère, fervente catholique, doit alors s’embaucher à son tour à la mine de charbon pour nourrir sa famille. Il y a quatre enfants. Dans cette Suisse bien-pensante, il est bien vu d’avoir au moins un membre de la famille entré en religion. Un prêtre, père salésien, vient fort opportunément proposer à cette mère submergée par le travail et les soucis financiers, de placer l’aîné en apprentissage et le second, Narcisse, au Juvénat de Bonlieu, non loin de Fribourg. Le juvénat, l’équivalent du Petit séminaire en France.

Pour l’enfant de onze ans, c’est un arrachement. Rassemblant des souvenirs douloureux, l’auteur décrit avec précision le climat général de cette institution religieuse.

Toutes les conditions sont réunies pour conditionner les jeunes garçons, selon des techniques éprouvées, utilisées dans les sectes, à l’Armée, et dans l’Église : isolement, contrôle, domination. L’emploi du temps est strict, études et prières, répression féroce de la sexualité, proscription des liens amicaux entre élèves, contacts avec la famille quasi inexistants, dans la logique de cette parole des Évangiles : « Celui qui vient à moi doit me préférer à son père, à sa mère, à ses frères, à ses sœurs, sa femme, ses enfants et même à sa propre personne, sinon il ne peut être mon disciple ».

Le traumatisme est tel que beaucoup d’enfants deviennent énurétiques, et doivent subir de ce fait des humiliations supplémentaires. Les prêtres qui dirigent le Juvénat établissent avec ces élèves déstabilisés et en manque affectif des rapports ambigus où alternent sévérité et indulgente amitié, jusqu’au jour où, au moment de punir une « faute » de l’enfant, le prêtre pédophile séduit sa victime, reproduisant ce qu’il a lui-même vécu dans sa jeunesse. Les femmes étant présentées comme des diablesses, mise à part la vierge Marie, c’est tout naturellement en quelque sorte qu’ils se tournent vers les pensionnaires, « aimés en Jésus-Christ » selon la formule adéquate.

Narcisse Praz

Brillant élève, et résistant au lavage de cerveaux, l’auteur réussira à s’évader de cet univers, pour devenir écrivain [2].

On l’aura compris : le titre fait référence à la chanson de Brassens, où l’on voit le malheureux primate s’égarer dans les jupes d’un juge et ignorer la centenaire. On me permettra une petite remarque. Certes, la chanson de Brassens est sans doute une des plus connues, et le poète joue sur la réputation populaire des gorilles. Mais tout compte fait, c’est à leur égard que la comparaison est insultante…

Léonore Litschgi


[1Narcisse Praz : « Gare au gorille – la pédophilie ecclésiastique catholique galopante expliquée aux enfants  » Les Editions libertaires, avril 2010.

[2Né en 1929 à Beuson-Nendaz (Valais). Auteur de nombreux romans et pièces de théâtre, d’un « Dictionnaire insolent ». Rédacteur et éditeur de journaux satiriques libertaires (La pilule, Le Crétin des Alpes).


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