L’opium des foules

mercredi 15 septembre 2010
par  K.S.
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Trouvé sur http://www.ecologie-radicale.org ce texte de Gérard Charollois (
Convention Vie et Nature) daté du 12 septembre 2010, qui pose avec pertinence et liberté de pensée les liens entre violence et idolâtrie, entre monothéisme et mépris du vivant. Cependant, je n’y souscrirai pas totalement, car il me semble que la conservation du patrimoine artistique et historique permet de mieux comprendre ce que sont les humains. Par ailleurs, la bio-diversité peut être considérée comme un patrimoine commun à toutes les espèces vivantes de la planète terre. SKS

Voici donc le texte en question dans son intégralité :

Il y a une dizaine d’années, les fanatiques du sombre Afghanistan massacraient des statues géantes de bouddha, ce qui indigna les consciences mondiales bien davantage que les violences faites par ces talibans aux femmes qui elles n’étaient pas de pierre.
Un autre fanatique, dans une Amérique démocratique qui frôle si souvent le précipice de la théocratie, envisagea de brûler un livre que d’autres esprits captifs considèrent comme « sacré » et les consciences mondiales s’enflammèrent, soit par passion obscurantiste, soit par lâcheté devant le « risque terroriste ».

De quoi s’agit-il ?
Qu’est-ce qui excite ainsi les bipèdes prompts à s’étriper, à se dresser les uns contre les autres ?

Des statues, des livres, des mythes, c’est-à-dire des objets dépourvus d’un système nerveux leur conférant une quelconque sensibilité mais parés par l’animal idolâtre qui se prend pour un génie universel, de valeurs supérieures à la vie elle-même.
Si l’humain était ce qu’il s’imagine être, c’est la guerre, la peine de mort, la chasse, la torture tauromachique, l’exploitation, la violence, la privation de liberté, la réduction à la misère qui susciteraient sa colère, ses révoltes, son indignation et non les offenses visant des fétiches et des billevesées.
Les immenses souffrances de tous les êtres sensibles sont inacceptables mais parce qu’il n’est pas de raison, l’humain préfère regarder ailleurs et, demeurant prisonnier de sa préhistoire, le voici qui se passionne pour des fables et des histoires à s’entre-tuer allègrement.

La lapidation d’une femme m’afflige davantage que celle d’une statue de pierre.
La mort d’un être sensible me peine bien davantage que la combustion d’un livre, fut-il un exemplaire de celui que j’ai écrit.
Les idées, les symboles, les idoles de plâtres ou de papiers peuvent bien être maltraités. Je n’en éprouve aucun malaise.
En revanche, quel que soit l’être sensible qui souffre et qui meurt, je ressens cette injure au cœur et à la raison comme un crime infini.

Non, ce monde demeure effrayant et horrible et nous ne sommes décidément pas sortis de la préhistoire.
Les trois monothéismes occidentaux nient la valeur de la vie. Ils méprisent l’animal préparant ainsi le mépris de l’humain qu’ils ne proclament respecter que parce qu’il faut vénérer la divinité à travers lui.
Comment s’étonner des carnages et des guerres saintes que l’on doit à ces doctrines.

Ce que l’homme fait à la bête, il finit toujours par l’infliger à ses semblables et le respect de la vie ne se divise pas.
Le chemin d’une véritable hominisation reste long, à supposer que l’espèce y parvienne un jour.

Ce jour-là, les êtres vivants vaudront plus et mieux que les fétiches et les tabous.

Gérard Charollois


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