We are four lions

Film de Chris Morris
dimanche 9 janvier 2011
par  Léonore
popularité : 8%

Peut-on rire de tout ? Et notamment des religions en général, de l’islam, du terrorisme, de l’islamisme ? Non, pensent un certain nombre de gens, au nom du politiquement correct, du respect des croyances (pourquoi parle-t-on si peu du respect des convictions ?), au nom des victimes d’attentats, ou parce que c’est risqué – avoir une fatwa sur le dos pour des caricatures, merci bien ! -, ou encore parce que le sujet est sérieux, tragique même.

Avec ce film We are four lions me revenait le souvenir d’un certain climat, celui des Monty Pythons, en particulier dans La vie de Brian. Cependant, la dérision et l’humour décapant présents dans les dialogues et les situations ne peuvent empêcher de ressentir le côté sombre du thème traité.

Pour le réalisateur, Chris Morris, qui a auparavant enquêté dans les milieux musulmans de la capitale britannique, We Are Four Lions constitue une tentative de démystification du terrorisme par l’absurde.
« Vous n’allez pas savoir quand il faut rire ou pas, vous allez sans doute vous sentir gênés : n’ayez pas peur, c’est le propre de la bonne satire !  », prévenait le comédien Adeel Akhtar au festival du film britannique de Dinard, où le film était présenté en avant-première en octobre dernier [1].

Quatre terroristes islamistes néophytes tentent d’organiser des attentats dans le centre de Londres. Ils sont prêts à se faire sauter, mais que choisir ? La mosquée, pour radicaliser les musulmans trop tièdes, répètera l’un d’entre eux, comme une idée fixe, à chaque nouvelle tentative d’organisation. Car ces apprentis du djihad ratent tout, certains se faisant même éjecter d’un camp d’entraînement au Pakistan. Le conseiller des nouveaux djihadistes, plus aguerri, s’efforce de les guider et de les contrôler. Leur choix se portera finalement sur une autre cible, mais ne dévoilons pas la suite de l’histoire…

Remarquons cependant qu’aux échecs des apprentis de la guerre sainte répondent ceux de la police, ceux des voisins et relations diverses qui ne voient rien, ne comprennent rien de l’enjeu. Une des qualités du film est de ne pas susciter de haine pour les quatre paumés et leur guide, qui finalement se révèlent pathétiques, quoique terrifiants dans leur passion aveugle.
Car comment ne pas penser : et s’ils étaient moins nuls, que se passerait-il ?

Léonore


[1Cité par Marianne (http://www.marianne2.fr/We-are-four...)


Brèves

31 octobre 2016 - ZONE ROUGE en replay

Pour voir ou revoir le film "ZONE ROUGE" sur les rejets de boues rouges toxiques au sein du (...)

30 mai 2016 - L’art contre la guerre

A découvrir, les peintures murales réalisées dans la Syrie sous les bombes : l’art contre la guerre (...)

19 mars 2014 - Chabrol, Georges Brassens et Jean Ferrat

Trouvé sur le site de l’Union pacifiste de France les références de cet échange à la télé (1969) (...)

4 mars 2014 - Une chanson sur les fusillés

Une chanson de Jilber Fourny sur les fusillés "1916" :
A écouter en cliquant sur (...)

22 janvier 2014 - "Les nouveaux défis de la laïcité"

Écouter l’émission Répliques sur France Culture, intitulée Les nouveaux défis de la laïcité, avec (...)