Israël : le mouvement Shministim

mardi 26 avril 2011
par  K.S.
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Le mouvement de refus Shministim se présente ainsi :

Nous sommes un groupe d’adolescents, juifs israéliens, qui refuse de rejoindre les forces de défense israélienne car elles occupent les territoires palestiniens depuis 1967. En Israël la loi dit qu’à 18 ans les jeunes juifs israéliens des deux sexes, en bonne santé, doivent rejoindre l’armée. (Cela peut varier de deux à trois ans et parfois plus.) Notre groupe refuse de rejoindre l’armée pour des raisons politiques. Nous nous élevons contre l’occupation, et déclarons : nous n’appuierons pas cette occupation !

La guerre des six jours a éclaté le 5 juin 1967, et Israël n’a pas quitté la Cisjordanie depuis. La bande de Gaza a été conquise aussi, et les forces militaires sont présentes dans les territoires occupés. Nous disons : Fin de l’occupation des territoires palestiniens.

Rejoignez notre combat et apportez-lui votre soutien. Nous nous tenons à votre disposition pour vous donner davantage d’informations sur le sujet. Nous souhaitons et avons besoin de votre soutien. Signez la pétition, rejoignez-nous, soutenez-nous et diffusez l’amour que nous essayons de promouvoir !

Nous désirons la fin de l’occupation, nous désirons changer l’aspect militarisé de la société israélienne pour en donner un visage plus sympathique, nous désirons la paix.

Shministim, la lettre 2008.

Plus de 500 jeunes Israéliennes et Israéliens ont signé une lettre de ce type, dont la rédaction a pu changer dans le détail, mais pas sur le fond.
Nous élèves ayant fini nos études au lycée, déclarons que nous allons lutter contre l’occupation israélienne et la répression policière dans les territoires occupés . Par conséquent, nous refuserons de prendre part à ces actions, conduites en notre nom par l’armée. Notre refus est d’abord et avant tout une protestation contre la séparation, le contrôle, l’oppression politique et les assassinats commis dans les territoires occupés. Nous savons que cet état de fait, cette haine, ne nous conduiront jamais à la paix. Ils sont tous en contradiction avec les valeurs fondamentales d’une société qui prétend être démocratique.

Tous les membres de ce groupe croient dans le développement de la valeur du travail social. Nous ne refusons pas de servir dans la société dans laquelle nous vivons, mais nous protestons contre l’occupation et les modes d’action que le système militariste induit, bafouant les droits civils, utilisant la discrimination sur une base raciale et s’opposant aux lois internationales.

Nous nous opposons à des mesures prises au nom de la « défense » de la société israélienne, (checkpoints, assassinats ciblés, apartheid représenté notamment par des routes ouvertes aux seuls juifs, couvre-feux, etc…) qui servent à l’occupation et à l’exploitation politique, à l’annexion de davantage de territoires à l’état d’Israël et bafouent les droits de la population palestinienne d’une manière agressive. Ces actions ne sont qu’un sparadrap sur une plaie ouverte. Elles n’apportent qu’une solution limitée et temporaire et vont accélérer et aggraver encore le conflit dans le futur.

Nous dénonçons le pillage et le vol des territoires et des sources de revenus des Palestiniens par l’expansion des colonies : soit-disant pour défendre les territoires israéliens. En outre, nous nous opposons à toutes transformations des villes et villages palestiniens en des ghettos qui n’assurent même pas les conditions minimales de vie ou de revenus et sont de plus entourés par le mur de séparation.

Nous protestons aussi contre le comportement humiliant et irrespectueux des forces militaires envers les Palestiniens en Cisjordanie : la violence à l’égard des manifestants, les humiliations publiques, les arrestations, la destruction des biens, sans tenir compte de la sécurité des gens de leurs besoins, tout cela en violation des droits de l’homme et de la loi internationale.

Le mur et les barrages entourent les territoires palestiniens et sont comme une corde autour du cou de Palestiniens. Les soldats qui commettent des crimes sous le patronage et la protection de leurs commandants reflètent l’image de la société israélienne : une société destructrice et étonnante incapable d’accepter une nation voisine comme un partenaire mais la traitant comme un ennemi.

Afin de créer un dialogue efficace entre les deux sociétés, nous, qui avons la société la plus forte avons la responsabilité de respecter et renforcer l’autre. Ce n’est qu’avec un partenaire financièrement et socialement stable nous pourrions travailler pour la paix au lieu de mener des actions de représailles. Au lieu de soutenir les citoyens qui ont un espoir de paix, l’armée prend des sanctions et pousse de plus en plus de gens à des actes de violence extrême et à l’escalade.

Nous proposons à chaque citoyen qui se demande si la politique de l’armée dans les territoires occupés conduit à la progression du processus de paix, à découvrir par lui-même la vérité et à lever le voile qui déforme la réalité de la situation. Nous lui proposons de vérifier les données statistiques. Nous lui proposons de prendre en compte l’humain en lui, en elle-même et dans la société qui est face à lui. Nous lui proposons de réfuter le mythe qui nous a été inculqué de la nécessité de la présence de l’armée dans les territoires occupés et de s’élever contre chaque action qu’il trouve irrationnelle et illégale.

Dans un lieu où il y a des hommes, il y a quelqu’un à qui parler. Par conséquent, nous vous demandons de créer un dialogue qui aille au-delà de la lutte pour le pouvoir, au-delà des actions de représailles et d’usure unilatérales ; pour réfuter le « pas de partenaires », mythe qui conduit à une situation de perdant-perdant, situation de frustration, et au contraire se diriger vers des actions plus humaines.

Nous ne pouvons pas blesser l’autre au nom de la défense, ou emprisonner au nom de la liberté ; donc, nous ne pouvons pas garder notre éthique et en même temps servir dans l’armée dans les territoires occupés.

Signature
Membres de Shministim lettre 2008


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