Les deux fascismes.

Un article de Gérard Charollois
mardi 9 août 2011
par  K.S.
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Les deux fascismes : tel est le titre d’un article de Gérard Charollois publié le dimanche 17 juillet 2011 sur le site de la Convention Vie et Nature.

En voici le début :

« En politologie, la pensée fasciste n’a rien de péjoratif. C’est une doctrine prônant que l’humain, inapte tant à la liberté qu’à son pendant la responsabilité individuelle, doit être guidé, contrôlé, encadré. Il lui faut un chef qui a toujours raison, un duce, un führer, un caudillo, car l’homme ordinaire est fraudeur, infantile, adversaire du bien public s’il n’y est pas contraint ou conditionné à obéir.

Après la chute des monarchies théocratiques d’antan, la société sécréta deux fascismes, impliquant une vision foncièrement pessimiste de l’homme : un fascisme de force et un fascisme de ruse.

Le premier, fascisme de force, visa une esthétisation de la politique avec défilés aux flambeaux, masses enthousiasmées par un orateur charismatique, quête d’une ferveur collective d’un peuple exalté qui est tout l’individu n’étant rien, dénonciation des ennemis de la race, de l’État, de la nation, du parti, ennemis voués aux camps et aux exactions physiques.

Ce fascisme, de type mussolinien, ne nie pas la démocratie puisqu’il prétend unir le peuple et ne se conçoit pas sans cette fusion entre le guide et les masses subjuguées.

Les politologues parlent volontiers de « césarisme démocratique ».
Ce fascisme pratique volontiers la violence matérielle, l’érigeant même en vertu permettant de susciter des héros, des milices glorieuses et combattantes.

Populaire par les foules multiples qu’il rassemble, par les chemises noirs ou brunes qui lui servent de troupes d’assaut, ce fascisme n’aurait pas existé sans le soutien de la finance, des industriels, des banques, du monde de l’argent, toujours soucieux d’ordre.

Vaincue en Europe, cette forme se discrédita par sa défaite autant que par ses crimes.

Un second, fascisme de ruse, cultive la manipulation, le conditionnement culturel, la propagande insidieuse, le contrôle des moyens d’informations. Il se substitua au précédent et, à la différence de ses devanciers brutaux, renonça à l’esthétisation de la politique, à l’exaltation des foules, à l’adhésion fanatique des militants.

A l’opposé des césarismes démocratiques, ce fascisme vise à dépolitiser, à atomiser, à anesthésier la société, au lieu de la porter à l’incandescence.
Ce second fascisme est celui qui règne sur notre temps et nos sociétés.
Vous êtes ses victimes lucides ou tranquillisées.

D’aucuns, formatés à souhait par le système, s’insurgeront en me lisant, en répliquant qu’ils sont libres, que les élections démocratiques pourraient tout changer, qu’il n’y a plus de guide inspiré, d’homme providentiel, de drapeau à saluer, d’idole à célébrer. Donc rien de commun avec les régimes abhorrés qui sévirent en Europe, au siècle passé.

Erreurs :

La société est parfaitement sous contrôle. Les alternances proposées aux peuples ne sont pas des alternatives. Le système est verrouillé, bien plus solidement que ne le furent les totalitarismes grossiers, bruyants, affichés du passé. […] »

Suite à lire sur : http://www.ecologie-radicale.org/ac....


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