Ecologie et hédonisme sont-ils incompatibles ?

dimanche 9 octobre 2011
par  K.S.
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Sur le site de la Convention Vie et Nature cet article ci-dessous de Gérard Charollois (http://www.ecologie-radicale.org/ac...) daté du dimanche 9 octobre 2011.

Ami(e)s visitant Penser libre, n’hésitez pas à alimenter le débat en réagissant à ce texte (comme à ceux des autres rubriques du reste).

Écologie radicale et hédonisme

L’excellente radio France Inter accueillit dans sa matinale du 4 octobre, un essayiste, Pascal Brückner qui publiant un livre de plus contre la « deep ecology » énonça les insignes griefs développés naguère par Luc Ferry dans son « nouvel ordre écologiste ».

En France, il ne se passe guère un mois sans qu’un pamphlétaire fustige les écologistes qualifiés tour à tour de sado-masochistes prônant l’ascétisme, la contrainte, la rigueur, de catastrophistes phobiques, de nostalgiques de la « terre qui ne ment pas « , puis de farfelus obscurantistes adeptes de médecines parallèles.
Examinons ici le premier grief et réservons le second, tenant à l’aspiration aux thaumaturgies exotiques à un prochain éditorial.

Nous entendîmes notre pourfendeurs d’un jour proférer, lors de cet entretien unilatéral, que l’écologie était rejeton du pétainisme puisque le vieux maréchal réservait la voiture aux seuls notables et préconisait le vélo pour le bas peuple !

Quelle opinion nos concitoyens peuvent-ils se faire de l’écologie éthique et radicale en présence de tels amalgames délirants et d’une censure absolue ?

Jamais, pas une seule fois, les médias n’invitent un représentant de cette « redoutable deep ecology » tant dénoncée pour son passéisme, son obscurantisme, sa volonté punitive et misanthropique.

Pour ces contempteurs bénéficiant d’un monopole de la parole, notre écologie est un condensé de fascisme, de renaissance du péché originel, de volonté de culpabiliser l’humain nécessairement coupable d’être ce qu’il est, cupide, cruel, envahissant, bête et méchant.
Bien sûr, un débat honnête, intelligible, contradictoire dissiperait cet embrumage des esprits.

Mais nos écrits, nos idées, nos convictions ne sont pas réfutées, discutées, examinées. Elles ne sont que dénaturées et censurées.

L’écologie biocentriste n’invite nullement à l’ascétisme, au repentir, au renoncement au bien-être, au confort, à une vie agréable, douce, pleine de satisfactions.

Nous disons que l’hédonisme ne passe pas par une croissance quantitative infinie et indéterminée . Nous invitons à une croissance purement qualitative, à un mieux et non à un toujours plus, en particulier nous dénonçons la croissance démographique compromettant la qualité de vie des humains.

Nous voulons sauver la biodiversité, laisser des espaces pour les espèces, respecter la sensibilité des êtres vivants, privilégier l’être sur l’avoir, le vivant sur le profit.
Nous ne récusons pas les acquis des Droits de l’Homme, bien au contraire mais souhaitons leur extension aux Droits du Vivant.
Dire que le spécisme est condamnable au même titre que le racisme, que l’humanisme n’implique pas l’anthropocentrisme, que vouloir réconcilier l’homme et la nature n’impose pas l’abaissement de l’homme mais son élévation jusqu’à ce haut degré de comportement enseignant le respect d’autrui, telles sont nos valeurs et convictions.

Qu’il y ait des écologistes phobiques, millénaristes, catastrophistes, regrettant le bon vieux temps, désireux de s’auto flageller au nom de l’austérité, en quête d’une vie rude et primaire n’a rien de spécifique.

Les réactionnaires de droite adorent les sacrifices, la rigueur, le « sang et les larmes ».
Les conservateurs antiécologistes, amis du CPNT, cultivent volontiers la peur des partageux, des pauvres, des étrangers, des délinquants, des homosexuels…..

Il n’y a pas que certains écologistes politiques pour s’abreuver au puits insondable des angoisses humaines.

Cela n’a rien d’original et il existe des sado-masochistes dans tous les courants de pensées et le catastrophisme ne définit pas l’écologie biocentriste.
Pourquoi faudrait-il détester les hommes pour aimer la Nature ?
Pourquoi leur promettre des châtiments pour changer le rapport au vivant ?

Certains me diront :
Parce que les hommes sont nuisibles et détruisent tout au nom de leur quête d’enrichissement et de leurs activités récréationnelles débiles et calamiteuses.
Ce serait confondre l’humanité avec certains travers et perversions.
L’humain n’est pas nécessairement un promoteur vorace, un fusillot borné, un beauf avec un moteur greffé sous les fesses !
L’humain est susceptible de muter de comportement et de devenir le meilleur ami du vivant.
Ces humains existent :
La preuve : je les ai rencontrés.
Pour nos pamphlétaires amateurs il est plus facile de parler de peurs, de catastrophisme, de régression, que d’envisager de manière critique et sérieuse notre appel à l’empathie envers le vivant et notre volonté positive, constructive, réfléchie de sauver la nature.


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