Au bout de leur chemin

mardi 20 décembre 2011
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Au bout de leur chemin

(poème d’Yves Le Car mis en musique et interprété par Éric Laurent)

trouvé sur http://www.contesetpoesies.com/index.php.

Yves Le Car
[|Yves Le Car|]

A chacun ses idées, à chacun ses idoles,/
Chacun son maître, son modèle, son héros./
On nous fait admirer dès la petite école/
Les Néron, les Napoléon, les généraux,/
Les bâtisseurs d’empire assassins en puissance,/
Qui écrivent l’Histoire avec du sang humain./
Faut croire qu’on n’a pas les mêmes références :/
Je n’ai pas vu la paix au bout de leur chemin.

N’en déplaise aux anciens et glorieux combattants/
Qui sont fiers d’avoir pu donner à la patrie/
L’indélébile souvenir de leurs vingtans/
Laissés sur le terrain plus qu’à moitié meurtris,/
La plupart sont partis par manque de courage,/
Dociles et soumis comme tout un chacun,/
Alors qu’ils auraient pu, vu leur nombre et leur âge,/
Tous ensemble imposer la paix sur leur chemin.

O combien de marins, combien de capitaines/
Qui n’ont fait qu’obéir à l’appel de Panurge !/
Combien de frères vus comme croquemitaines !/
Et combien de tyrans rebaptisés démiurges !/
Combien d’adolescents en soldats inconnus/
Ont accroché leurs pas dans les pas des copains !/
Ils ont, fors les honneurs posthumes, tout perdu,/
Car la paix n’était pas au bout de leur chemin.

Au bout de leur chemin de croix et de bannière,/
C’est la mort, la mort seule, horrible et efficace/
Qui les unit, au creux de communes ornières,/
A leurs sosies, en un ultime face-à- face/
Au nom de la patrie, leur mère nourricière./
Belle maternité, qui étouffe en son sein/
Les enfants qu’elle attire dans sa souricière,/
Mais la paix n’est jamais au bout de leur chemin.

C’est pourquoi je voudrais aujourd’hui rendre hommage/
A ceux que la gloire et l’Histoire ont oubliés./
Il est plus palpitant d’exalter les carnages/
Pour mieux y préparer les petits écoliers./
A chacun ses héros, à chacun ses idoles/
Du moins les miens n’ont ils pas de sang sur les mains./
Ce sont eux qu’on devrait citer dans les écoles/
Car la paix, je la vois au bout de leur chemin.

O combien d’insoumis, combien de déserteurs,/
Combien d’individus tout simplement humains,/
Opposant leur conscience au culte de l’horreur,/
Leurs mains nues, leur raison, aux ordres assassins,/
Combien d’anti-héros, ayant pour tout drapeau,/
Celui du cœur, de l’univers, du genre humain,/
Méritent le respect, car il fera si beau/

LE JOUR OU TOUS LES HOMMES SUIVRONT LEUR CHEMIN.

Yves Le Car


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