Albert Camus et les libertaires

jeudi 8 novembre 2007
par  K.S.
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Albert Camus pose pour le Libertaire. increvables anarchistes.org

A lire sur An@rchisme et non-violence 2 un article très documenté de Lou Marin sur Albert Camus et les libertaires.

On trouvera, entre autres, cette citation extraite d’un discours tenu par Camus à la Bourse du Travail de Saint-Etienne en mai 1953, devant un public réunissant en majorité des syndicalistes. Reprochant à Marx d’avoir commis une erreur fondamentale en sacrifiant le mythe des libertés civiques sur l’autel du concept de la liberté en soi :

[*« Il fallait dire justement que la liberté bourgeoise n’était pas la liberté, ou dans le meilleur des cas, qu’elle ne l’était pas encore. Mais qu’il y avait des libertés à conquérir et à ne jamais plus abandonner. [...] D’une juste et saine méfiance à l’égard des prostitutions que cette société bourgeoise infligeait à la liberté, on en est venu à se défier de la liberté même. Au mieux, on l’a renvoyée à la fin des temps, en priant que d’ici là on veuille bien ne plus en parler. [...] La liberté bourgeoise, elle, peut procéder en même temps à toutes ses mystifications. » *](Albert Camus, « Restaurer la valeur de la liberté », dans « la Révolution prolétarienne », n° 376, 1953, p. 242.)

Il semble que Camus soit diversement apprécié dans la presse actuellement.

Ainsi un numéro hors-série de la revue Sciences Humaines (octobre-novembre 2007), intitulé « Cinq siècles de pensée française » va de Montaigne à Bruno Latour, sans consacrer le plus petit encart à Albert Camus, que l’on penserait pouvoir trouver dans la rubrique «  Intellectuels et scientifiques » où figure Sartre, ou encore « Les Maîtres à penser » ; mais, surprise pour un certain nombre d’entre nous, Camus n’est pas considéré comme un penseur.

S.K.

Cependant, Le Monde2 du 13 octobre 2007 a publié dans sa rubrique " Les Archives" un dossier consacré à Albert Camus intitulé "L’éveilleur de conscience". Ce dossier coordonné par Simon Roger permet de prendre connaissance de plusieurs articles étalés dans le temps :
- L’art de vivre sur le qui-vive d’André Velter, Le Monde daté 25-26 octobre 1987.
- Hommage : Nobel de morale, d’Emile Henriot, Le Monde du 18 octobre 1957 (extraits).
- La passion du théâtre, de Pierre-Aimé Touchard Le Monde du 6 janvier 1960.
- Algérie : Le point aveugle, Le Monde du 6 janvier 1960. Sans auteur.
- Enfance :L’inguérissable fêlure, de Florence Noiville, Le Monde du 16 avril 1994.
- Sartre contre Camus, de Pierre de Boisdeffre, Le Monde du 24 septembre 1952.
- Mort les yeux grands ouverts, de Bertrand Poirot-Delpech Le Monde daté 31 décembre 1989-1er janvier 1990 (extraits).

Tous ces articles sont accompagnés d’une page : Parcours : l’homme engagé, d’un texte écrit par Albert Camus sur Le Monde daté 3-4 juin 1956 (extraits) où il proteste contre l’arrestation de son ami Jean de Maisonseul, alors directeur de l’urbanisme à Alger. Une quinzaine de photos et une liste de contributeurs et sources viennent compléter ce dossier montrant un romancier, un essayiste, un dramaturge, un journaliste, en fait une vie d’engagement.

[(Une fois de plus et nos ami(e)s libertaires peuvent le confirmer, le Camus libertaire n’existe pas. Les articles au Libertaire et au Monde Libertaire, ses soutiens à Maurice Laisant lors d’un procès et à Louis Lecoin pour sa campagne en faveur de l’objection de conscience, pour ne citer que ces exemples, ne sont jamais évoqués par les médias et les biographes qui ne se privent pas de passer à la télévision.)]

Ce silence n’est pas honnête. Que cache-t-il ? Peut-être une volonté de parler uniquement d’un auteur "politiquement correct". Sans doute que fréquenter les anarchistes reste une démarche à occulter.

Francis K.


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