03 .Jean Rostand (1894-1977) un pacifiste convaincu

Louis J.
mardi 27 mars 2007
par  Louis J.
popularité : 16%

Dès ses premiers écrits, un esprit de révolte mêlé d’affectivité, de passion et d’agressivité suscite une sévère satire contre la guerre, les inégalités sociales, les vices, les ridicules et les crimes du milieu bourgeois de l’époque.

A vingt-cinq ans, suite à la guerre de 1914-1918 qu’il vient de vivre, il publie son premier livre Le retour des pauvres sous le pseudonyme de Jean Sokori. Dans ce récit, il s’insurge contre les riches qui envoient les pauvres se battre, fait naître l’idée d’une révolution sociale et crie son admiration pour les idées pacifistes, généreuses et fraternelles de Zola, Jaurès et Romain Rolland.
Dans un autre pamphlet, il exprime sa colère contre les bellicistes : au premier coup de canon, ils se sont éclipsés ; ils se camouflèrent en pacifistes et condamne l’idée de Patrie qui admet à la mort l’ignorant et le pauvre .

En 1921, dans La loi des riches, il analyse avec sincérité et amertume les rapports sociaux entre les riches et les pauvres, les ouvriers et les patrons. D’une grande intensité, ce livre rencontre un énorme succès auprès du public et de la critique.
Plusieurs livres suivront dans lesquels Jean Rostand présente ses réflexions morales et philosophiques sur la famille, le mariage, le caractère des femmes et examine avec subtilité et raillerie des cas de psychologie sociale.
Après la seconde guerre mondiale, une vingtaine de Pensées et de Maximes où la raison l’emporte sur la sensibilité seront consacrées au pacifisme.

Tribun et polémiste redoutable, il plaide sans relâche contre la peine de mort, les périls nucléaire et chimique.

La réflexion sociale et politique de Jean Rostand, sa radicalisation progressive sont dans le droit fil du désir de servir le tout de l’homme .

De 1964 à 1968, ses discours soulèvent l’enthousiasme dans les meetings ou les congrès du Mouvement contre l’armement atomique (MCAA), des Citoyens du monde, de l’Association française contre la peine de mort et aux Assises nationales de la paix.

En 1966, au Palais de Justice de Paris, il lance un plaidoyer retentissant contre la peine de mort.

Il dénonce à tout instant les vertus dissuasives de la force de frappe. Sa voix s’élève pour protester contre les explosions expérimentales nucléaires, les déchets radioactifs et leur accumulation qui menacent le patrimoine héréditaire. Il ne cessa de déclarer son inquiétude de voir l’homme soumis à la technique, à la médecine et à l’industrie pharmaceutique. Et de nous alarmer des conséquences biologiques, sociales et politiques inhérentes à un « monde gouverné par la biologie et la chimie ».

Aujourd’hui – devant les graves problèmes posés par la génétique et la bioéthique – Jean Rostand appellerait à la vigilance et à la conscience collective.

Homme de science et d’érudition aux accents de sagesse et de probité, nul plus que Jean Rostand serait aujourd’hui aux côtés de ceux qui combattent la marchandisation du vivant à travers les OGM et le brevetage du génome humain. Il réclamerait un débat public sur l’ensemble des questions posées par les dernières découvertes : Ces hauts problèmes de l’homme, il ne suffit pas qu’ils fassent l’objet de la méditation des experts. Encore faut-il que la foule, que la masse en soit clairement et loyalement instruite. Chacun a voix au chapitre, puisqu’il y va de tous. (Espoirs et inquiétudes de l’homme, 1966)


Brèves

14 février 2016 - 14 février : naissance de Julia Bertrand

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse, Julia Bertrand (...)