Le Silence des églises

mardi 16 avril 2013
par  K.S.
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Le Silence des églises, sur France 2, le mercredi 10 avril 2013, à 20h45.

Réalisateur : Edwin Baily. Scénariste : Thierry Debroux. Productrice : Sophie Révil.
Acteurs principaux : Robinson Stévenin (Gabriel), Robin Renucci (le père Vincey).

Cette fiction, réalisée après une longue enquête auprès de victimes de prêtres pédophiles, suggère plus qu’elle ne montre, et on ne lui en fera pas grief. Quant au silence de la hiérarchie catholique, il est adouci par le personnage d’un vicaire, secrétaire de l’évêque, qui aidera Gabriel, autrefois "favori" du prêtre directeur du collège, à aller au bout de son procès. Mais le scénariste Thierry Debroux confie dans un article publié sur le site de l’Humanité [1] qu’un évêque lui a assuré qu’il continuerait, avec les prêtres pédophiles, à "couvrir la brebis égarée".

De fait, c’est seulement depuis ces toutes dernières années que le Vatican en est venu à condamner ses prêtres pédophiles, car taire le scandale devenait plus dangereux que le reconnaître. Jusque là, parce qu’elle se considère comme au dessus des lois dites « humaines », celles de la société civile, dans les cas de pédophilie l’Église ne s’est préoccupée que des prêtres soumis à la tentation du diable, se souciant de leur âme, de la rédemption de leurs péchés, les admonestant et les protégeant, mais n’a eu que faire des victimes.
On rappellera que si des pédophiles peuvent s’infiltrer dans toute institution accueillant des enfants, le cas de l’Église est particulier.

En effet, comme le soulèvera courageusement le médecin invité, en toute fin du débat, l’enseignement de l’Église auprès de ses prêtres favorise la pédophilie : les femmes étant présentées comme des diablesses, mise à part la vierge Marie, c’est tout naturellement en quelque sorte qu’ils se tournent vers leurs jeunes ouailles, « aimées en Jésus-Christ » selon la formule adéquate, et les relations avec des enfants – eux-mêmes purs par définition – deviennent "un moindre mal".

Le téléfilm montre une situation somme toute banale, celle d’un enfant fréquentant un collège religieux. Il revient chez lui chaque soir. Mais le pouvoir de séduction du Père Vincey est tel que les parents en général, et la mère de la jeune victime, ne se doutent de rien et lui accordent estime et confiance.

On imagine sans peine que, placé dans d’autres conditions, celles d’un internat par exemple, l’enfant ait encore moins de chance d’être entendu s’il ose parler de son expérience douloureuse [2].

SKS


[1Signé Caroline Constant, http://www.humanite.fr/medias/le-pr....

[2Voir à ce sujet « Église et pédophilie : http:// penselibre.org/spip.php ?art....


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