02 .Jean Rostand, biologiste.

Louis J.
mardi 27 mars 2007
par  Louis J.
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Toute sa vie, Jean Rostand l’a dépensée à se battre au nom de la raison et de la science, contre le parti de la tradition, des superstitions et de la religion.

Observateur et expérimentateur

De 1920 à 1972, il s’adonne à des recherches expérimentales sur les Amphibiens. Les hypothèses et les applications qu’il en tire seront d’un très grand apport pour la biologie. Ces innovations mettent en évidence le rôle protecteur de la glycérine face aux basses températures, la gynogénèse ou génération virginale et les anomalies génétiques et fonctionnelles.
Des découvertes effectuées sans aucun appareil technique, grâce à l’originalité de son approche méthodologique, à la vivacité de ses observations, à une extraordinaire intuition et beaucoup de génie.

Matérialiste et rationaliste

Solidaire de l’esprit scientifique et des Lumières, il affirme son rationalisme : Je ne crois pas que l’homme ait à sa disposition d’autre moyen de connaître que sa raison.

Pour lui, seule la connaissance scientifique permet d’atteindre la vérité, même une vérité partielle et il éprouve une aversion irrationnelle pour la rationalisation de l’irrationnel. (Carnet d’un biologiste, 1959)

Il admet toutes les hypothèses, refuse tout dogmatisme et fonde l’essentiel de ses croyances sur les acquis de la biologie : Voici ce que je crois, avec mes gènes, mes hormones, mes réflexes, mon passé, mon expérience dérisoire, mon misérable savoir . (Ce que je crois, 1953)

Mais il a toujours insisté, dans ses écrits et interventions, sur les risques d’une application mal contrôlée d’une biologie trop efficace.

Il n’avait donc pas une confiance absolue et aveugle en la science. Il dénie en bloc l’existence de tout phénomène de spiritisme et plus généralement des « sciences » occultes : il n’y a pas un seul fait d’observation ou d’expérience en leur faveur.

Quant à l’idée de Dieu, il répondait :
Pour un scientifique qui est imprégné de l’esprit et de la méthode scientifique, il est difficile d’admettre une hypothèse qui n’a aucune présomption en sa faveur.

Un devoir d’utilité sociale : initier les citoyens

L’humanisme scientifique de Jean Rostand apparaît dans son premier ouvrage de biologie Les chromosomes, artisans de l’hérédité et du sexe, 1928.
Enthousiasmé par les travaux des généticiens américains de l’école de Thomas Hunt Morgan, Jean Rostand est le premier à dévoiler en langage clair les vérités sur les problèmes de la vie : des révélations qui étaient refusées chez nous par la plupart des savants officiels qui les ignoraient ou les présentaient de façon tendancieuse et parfois ironique .
Devant le succès de ce premier essai dit de vulgarisation scientifique, de nombreux libres se succèderont dans lesquels sont commentés et analysés ses propres travaux mais aussi ceux des chercheurs français et étrangers.

Toutes ses publications sont imprégnées d’allusions au passé, de perspectives d’avenir et d’une touche personnelle morale et philosophique. Elles représenteront une véritable campagne publique d’information et d’éducation sur toutes les questions concernant l’existence quotidienne.

Grâce à Jean Rostand, la biologie sera reconnue en France comme une nouvelle discipline scientifique. En 1954, membre de la fondation « L’université à l’usine », il organisa et anima, sur les lieux de travail, des conférences-débats très appréciés par le monde ouvrier. A partir de 1964, il prononça de nombreux discours pour la démocratisation de l’enseignement.


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