Quelle hospitalité pour la folie ? Meeting du 1er novembre 2014

mardi 28 octobre 2014
par  K.S.
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Meeting du Collectif des 39 – le 1er novembre – FÉDÉRER LES RÉSISTANCES POUR UNE HOSPITALITÉ SUFFISAMMENT BONNE POUR LA FOLIE :

le 1er NOVEMBRE 2014
à la Maison de l’Arbre
9 rue de François Debergue à Montreuil

Informations sur : http://www.collectifpsychiatrie.fr/....

Pour éclairer les enjeux de la question, voici un texte que nous reproduisons ici intégralement (à retrouver sur http://www.collectifpsychiatrie.fr/...).

« Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social » au Meeting du 1er Novembre :

Nous, « le Fil conducteur »*, collectif de réflexion et de propositions sur la prise en charge de la maladie psychique, invitons à participer au meeting organisé à l’initiative du Collectif des 39 le 1 er novembre 2014 à Montreuil.
Extrêmement préoccupés, inquiets, voire même révoltés par l’évolution actuelle de la prise en charge de la maladie psychique, nous considérons qu’à côté des professionnels, des représentants institutionnels ou institutionnalisés, une autre voix doit se faire entendre (cf. le Manifeste du Fil conducteur).
Le constat actuel du fonctionnement de la prise en charge des malades psychiques est plus qu’inquiétant.
Les familles, plongées brutalement dans l’univers de la psychiatrie lors d’une hospitalisation pour le moins traumatisante d’un enfant ou d’un être cher, ne trouvent le plus souvent ni soutien ni interlocuteur. Tenues à l’écart, sans explications aucune sur ce qu’est une maladie psychique, ses conséquences, qui le plus souvent sont lourdes, sur l’évolution possible, sur la manière dont elles peuvent accompagner la personne malade, elles se trouvent isolées, écartées, alors que leur proche vit une souffrance incompréhensible, insupportable. Leurs questions restent sans réponses, un diagnostic peut tomber brutalement, ou n’est pas donné, l’absence d’accompagnement ou d’écoute accroît leur angoisse légitime. Elles assistent, impuissantes, à l’enfermement et à l’isolement de leur proche, puis au parcours décousu et chaotique de soins multipliant les soignants dans les structures diverses (hôpital, hôpital de jour, foyer de nuit, maison de postcure, CMP…). Un lien thérapeutique, nécessaire pour soigner, ne peut être construit dans de telles conditions alors que la relation devrait être au centre du soin.
Le renvoi vers un statut d’aidant familial est paradoxal dans un contexte de déni de la souffrance de la famille, et des fratries, le plus souvent oubliées. Le statut d’aidant familial, qui voudrait donner aux familles l’illusion de devenir « tout à coup » compétentes alors que leurs difficultés ne sont toujours pas reconnues par la société et par un certain nombre de professionnels, est un leurre proposé au service des restrictions budgétaires qui affectent le champ du soin.
Les personnes malades vivent dans une absence de structures coordonnées des soins, qui relèvent d’un secteur psychiatrique démuni ou démotivé. Elles se plaignent aussi de ne pas être écoutées, ni entendues par les équipes soignantes.
On ne peut que s’étonner, dans ce contexte où l’obligation de soins est inscrite dans la loi, que l’absence de reconnaissance de la fonction thérapeutique préventive et curative de la relation, de l’écoute et la parole, soit absente des projets actuels de la future loi Santé.
La volonté de normalisation de la maladie psychique, présentée essentiellement comme une maladie organique dans une conception exclusivement biologique ou génétique qui reste plus que spéculative, nous inquiète par ce qu’elle pourrait entraîner de perte d’humanité dans la prise en charge. Nous maintenons la nécessité d’une complémentarité des approches dans les soins, utilisant ainsi tous les moyens possibles pour lutter contre une souffrance insensée. Nous ne voulons pas d’un parcours de soins exclusivement réduit au trio contention-isolement-médication.
Le recours à la contention, qui est un véritable traumatisme pour les patients, devient une pratique courante non questionnée et banalisée. Pire, protocolisée. Une réflexion sur le désarroi des personnels peu ou pas formés face à la maladie psychique et les situations difficiles serait probablement au moins aussi nécessaire.
Dans le contexte social actuel le manque de structures adaptées d’accueil et de soins revient à une non-assistance à personnes en danger avérée vis-à-vis de personnes fragiles.
Les difficultés sociales des patients et l’absence de réponse à leurs demandes, telles que le désir d’un lieu d’accueil, d’un logement, ou encore d’un travail, mettent les professionnels en difficulté et peut avoir des conséquences dramatiques pour les personnes malades et leur famille. Pour les malades au long cours, le manque de lieux de soins de longue durée se fait cruellement sentir.
Pour débattre de toutes ces questions, nous vous invitons à participer au forum « Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social ».

*Le Fil conducteur associe des familles et proches de malades psychiques, des patients et des professionnels de santé, tous concernés par la place des familles dans l’accompagnement et la prise en charge de la personne malade. C’est un espace de parole émanant de l’atelier « familles » des Assises citoyennes, ou l’Hospitalité en psychiatrie et dans le médicosocial, qui ont eu lieu à Villejuif les 31 mai et 1er juin 2013.
Adresse mail : lefilconducteur.collectif39@gmail.com


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