Charlie hebdo : c’est la famille des libres penseurs qui est visée, et non la France ou la République !

mercredi 7 janvier 2015
par  K.S.
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On reste sans voix devant une telle horreur, mais justement il ne faut pas se taire.
Pas de liberté de pensée sans liberté d’expression, même si ce qui est dit, écrit ou dessiné est à l’opposé de ses propres convictions.

Ci-dessous :

- 1/Un texte d’un ami de l’Union pacifiste, Pascal Dereurdre, "Charlie hebdo : c’est la famille des libres penseurs qui est visée, et non la France ou la République ! " (nous empruntons ce titre si pertinent)

- 2/ Des extraits de l’interview par Coralie Schaub d’Antonio Fischetti sur Libé de ce jour (http://www.liberation.fr/societe/20...) :

L’équipe de Penser Libre et la Libre Pensée autonome se sentent totalement solidaire de Charlie-Hebdo et pensent avec fraternité aux proches des victimes.
Charlie-Hebdo pourra-t-il continuer à vivre ? Il est trop tôt pour le dire. Mais qui sait, peut-être, avec assez de soutien ? La liberté d’expression doit pouvoir continuer d’exister.

La Rédaction

Charlie hebdo : c’est la famille des libres penseurs qui est visée, et non la France ou la République !

Comment dire, parler, écrire quand la douleur vous déchire et vous inonde ! Jeter quelques pensées en vrac, de celles qui remontent de la mémoire d’un coup à l’annonce de la mort des êtres chers, à plus d’un titre, amis de cœur, amis d’esprit. C’est sur ma famille que l’on a tiré mercredi 7 janvier. Celle qui s’obstine à ne pas se taire face à la bêtise, l’obscurantisme, le fanatisme, en usant des plus belles manières : l’humour, la caricature, l’intelligence, la sensibilité. Celle qui ne pose pas de bombe, ne prend pas les armes mais appelle à l’insurrection des consciences, au rire, à la joie de vivre " à en mourir " ! Ce qu’il faut être lâche et faible pour tirer sur des hommes et des femmes réunis pour concevoir un journal. Mais pas n’importe quel journal, un des plus beaux fleurons de la presse libre, de ces très rares journaux dont ne sont pas propriétaires des marchands d’armes ou des banquiers. Un journal éminemment antimilitariste et par essence libertaire. Ce n’est pas la France, Monsieur Hollande, qui était visée mais la liberté de la presse et à travers elle, la liberté d’opinion, le droit à penser différemment. Et pas n’importe quelle presse ! Qu’importe que les assassins soient des islamistes, Charlie hebdo n’est pas détesté que par les extrémistes enturbannés (l’extrême droite pourrait tout autant être à l’origine de cette attaque), ils sont un pur produit du militarisme et d’un monde en guerre. Car, quelque soit leur drapeau ou leur profession de foi, il s’agissait bien de soldats d’une armée quelconque, à voir leur équipement, leur entraînement et leur logistique. Tous se valent, tous se renforcent et se justifient les uns les autres par la violence qu’ils revendiquent et qu’ils génèrent ; parce qu’ils ont les mêmes intérêts et les mêmes ennemis : pacifistes, libres penseurs, non-violents... Ils veulent un monde en guerre, en affrontement constant, parce qu’ils en tirent leurs profits sous quelque forme que ce soit. Et ceux qui fabriquent des armes et les vendent (comme la France, tiens justement) le savent très bien. Qu’on alimente mais qu’on ne contrôle pas le cercle infernal de la violence et que tôt ou tard, des innocents le payent de leurs vies. Jamais les marchands d’armes !

Il n’y a pas d’union sacrée parce que Charb, Cabu, Bernard Marris, Wolinski, Tignous et tous les autres ne représentaient pas la Nation, la France ou tout autre amalgame patrioticopoliticard. Ils étaient l’expression d’eux-mêmes, de leurs valeurs, de leurs doutes, leurs espoirs, leurs révoltes, et avant tout, de leur conscience. Ils échappent aux politiciens vendeurs d’armes et largueurs de bombes ; ils échappent à la presse des faits divers et des discours entendus ; ils échappent à tous ce dans quoi on voudrait les enfermer, les récupérer. Ils ont partagé avec nous leurs mots, leurs dessins ; ils nous ont fait rire quand tout nous donnait envie de pleurer et quoi de mieux pour sécher nos larmes que de nous replonger dans leurs œuvres. Charb, adorable petit con, voilà que je pleure et ris en même temps de ta dernière caricature et de ta Fatwa de la semaine.

Quels que soient ceux qui ont perpétré ce crime, quel qu’ait été leur objectif, ils sont affligeants de stupidité et ont échoué d’avance ! Personne ne peut faire taire la voix de la liberté en tuant des journalistes et des dessinateurs ! Le silence imposé à nos amis de Charlie est assourdissant et n’a pas fini de se faire entendre. À moins que l’attaque contre l’équipe de Charlie ne soit la mise en œuvre d’un prétexte pour polariser la société française, désigner le bouc émissaire " musulman " à la vindicte populaire et permettre, au nom de la justice, le renforcement du tout sécuritaire, la banalisation des caméras de vidéosurveillance, le surarmement des forces policières, le recours à l’état "sauveur de l’ordre" et tout puissant... L’avenir nous le dira. Ce que l’on ne saura probablement jamais, ce sont les vrais responsables de cette tuerie. A chacun de rester vigilants et de s’évertuer à ne pas être complices.

Pascal Dereudre

Antonio Fischetti sur Libé

« On savait que la menace était réelle, mais ce n’était pas la parano. Les menaces contre Charlie étaient récurrentes, continuelles, habituelles. Il n’y en avait pas particulièrement plus ces derniers temps, mais la vigilance s’était relâchée. »

[…]

« L’idée de pouvoir se faire tuer un jour était là, dans la tête. Mais un carnage de cette ampleur, avec la volonté de tuer tout le monde… Les miraculés sont ceux qui étaient en retard, comme Luz ou Catherine Meurisse. Ou les absents comme moi, qui étais à un enterrement en province. Nous étions amis, pas juste collègues. J’étais particulièrement proche de Charb et de Tignous.
« Là, c’est la volonté d’éradiquer totalement un journal. Ce n’est pas "juste" tuer le rédacteur en chef. Il n’y a pas de mots. C’est vraiment un acte de guerre. Tout ça pour des dessins… Ce sont des malades. Charlie portait une parole, soutenue par certains, combattue par d’autres. Je me rends d’autant plus compte aujourd’hui combien son combat était important. On était tous d’accord sur le fait qu’il ne fallait pas céder. Mais qu’ils décident d’éradiquer ce symbole de la liberté qu’était Charlie… J’en parle au passé, car je ne vois pas comment le journal pourrait survivre à ça. Charlie, c’était un journal de dessinateurs. Les rédacteurs comme moi sont interchangeables. Eux, non. Des Charb, des Tignous, des Wolinski, il n’y en a pas cinquante. Et si en plus il y a Cabu… »


Brèves

24 juillet 2013 - Jacques Prévert :

"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

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