La république ? quelle république ?

mardi 24 mars 2015
par  K.S.
popularité : 9%

Voici le début du Communiqué de presse du Collectif laïque, dont fait partie l’UFAL, du 19 mars 2015 :

« Le Collectif laïque, dans la droite ligne du sursaut républicain du 11 janvier dernier en faveur de la réaffirmation des principes républicains, regrette que de nombreuses voix s’expriment au contraire en faveur d’une communautarisation accrue de la société. Les thèses multiculturalistes qui divisent, l’utilisation du terme « islamophobie » comme arme sémantique pour dénaturer le combat contre tous les racismes, s’opposent directement à l’universalisme républicain.

Le Collectif laïque déplore que dans ces discours, la laïcité qui assure la liberté de conscience de tous les citoyens soit réduite à la seule « liberté religieuse » ou au dialogue inter-religieux.

La progression des communautarismes, des inégalités sociales et territoriales, au détriment du vivre ensemble, contribue au développement de tensions et du repli sur soi.

Le Collectif laïque dénonce particulièrement le détournement raciste de la laïcité qui est fait par l’extrême-droite et rappelle que la laïcité est un principe de liberté et d’égalité, et qu’elle ne doit pas conduire à l’exclusion de certains, mais à l’équilibre des libertés de tous. » [1]

Ce texte contient des notions intéressantes, notamment : « la laïcité qui assure la liberté de conscience de tous les citoyens ne doit pas être réduite à la seule « liberté religieuse » ou au dialogue inter-religieux. » et la condamnation du détournement raciste de la laïcité.

Mais quelle naïveté dans la référence appuyée à la république… Quelle république ?

Celle, a minima, invoquée lors des reports de voix au moment des élections ? Mais aussi celle qui, depuis la loi de 1905, n’a cessé de redonner aux organisations confessionnelles les privilèges dont elles jouissaient depuis des siècles, pour le plus grand asservissement des individus et des pensées ? Celle qui, au sein de l’école publique, certes n’enseigne pas les religions mais appelle à l’obéissance (aux patrons, à la « mère-patrie », aux institutions, etc.) au lieu de développer l’esprit critique des jeunes cerveaux ? Celle qui, du départ, indivisible peut-être mais à coup sûr timorée, a laissé en vigueur le concordat en Alsace-Lorraine, ce qui permet de trouver encore sur le territoire de ce pays nommé France et théoriquement laïque, le délit de blasphème ?

Ailleurs certains, de gauche et/ou libertaires, en viennent à excuser les comportements intolérants de croyants musulmans – dont ils n’accepteraient pas le centième de la part des catholiques – en raison des inégalités sociales et des crimes de la colonisation. En souscrivant au terme d’islamophobie, qui arrange bien les confessionnels, ils oublient que bien d’autres régions non colonisées par la France sont à majorité musulmane et que là comme ailleurs les religions et les conflits qui en découlent font des ravages. D’autre part, ils s’abstiennent ainsi de soutenir les personnes de culture musulmane mais laïques, agnostiques, athées, qui sont les premières victimes de l’intégrisme religieux.

A ce sujet, un texte certes long mais riche de réflexions, est à découvrir sur : http://www.autrefutur.net/Protestat...

Pour ma part, je refuse de me considérer comme personnellement responsable des exactions commises par l’armée de la république française. Celles qui se produisent aujourd’hui, je les combats de mon mieux. Pour celles d’hier et d’avant-hier, je n’existais pas encore. Je persiste à refuser toute notion de patrie, de frontière, et de responsabilité collective. C’est par hasard, et en dehors de toute volonté personnelle que je suis née ici, dans ce territoire nommé France, dont les frontières, la langue, les populations ont sans cesse évolué. Si je devais me reconnaitre dans des ancêtres, ce serait dans les peuples premiers qui ne se considéraient pas comme propriétaires de la nature et de ses autres occupants.

Je persiste aussi à penser la formule « Ni dieu ni maître » comme un résumé pertinent d’une position libertaire.

Je persiste enfin à affirmer les droits des individus à disposer d’eux-mêmes, quitte à devoir combattre non seulement les institutions étatiques et religieuses, mais encore la famille dans ce qu’elle peut avoir, dans bien des cas (patriarcat par exemple) de toxique pour l’exercice d’une pensée libre.

Léonore


[1Intégralité du communiqué sur http://www.ufal.org/feminisme-et-la....


Brèves

24 juillet 2013 - Jacques Prévert :

"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

31 janvier 2012 - Nice : Défense de la laïcité

"Pour un service Public
de la PETITE ENFANCE"
Vendredi 10 Février de 18h.30 à 20h
Plus de (...)

3 octobre 2010 - Lourde (s) bavure...

Le 13 septembre dernier : un convoi de pèlerins italiens à destination de Lourdes sur un train de (...)