La Bible amusante

par Nestor Potkine
dimanche 13 avril 2008
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Les uns collectionnent les étiquettes de boîtes de camembert, les autres les soldats de plomb, pour d’autres enfin, ce sont les Bibleries. Toutes ces contradictions, ces absurdités, ces monstruosités dont la Bible regorge. Un petit livre fort sérieux, « Phallic Worship, a history of sex and sex rites in relation to the religions of all races from antiquity to the present day  » de George Riley Scott (Panther) vient de m’en servir un joli plateau.

Les deux meilleures concernent deux bizarreries de la Bible qui m’intriguaient depuis longtemps. La première est l’épisode (Nombres, 21 ; 8) où, comme toujours, les Hébreux râlent. Le Grand Barbu les punit en envoyant des serpents venimeux les mordre (le dieu d’Amour n’arrive que quelques siècles plus tard). Moïse appelle le grand barbu au téléphone, présente ses excuses, et s’entend dire que si les Hébreux suspendent un serpent de bronze à un poteau, quiconque sera mordu n’aura qu’à regarder le serpent de bronze pour être guéri . Incompréhensible, de la part d’un Dieu qui déteste les idoles. Mais voilà, le serpent est un symbole religieux partout où vivent des serpents (d’où l’absence de culte Esquimau du serpent polaire) ; il a l’habitude de changer de peau tous les ans et simultanément celle, plus inquiétante, de donner la mort alors qu’il n’a même pas de pattes ou d’ailes. Le serpent est le symbole de l’immortalité, et du pouvoir destructeur. Et puis, heureux hasard, un serpent qui se dresse évoque un phallus qui se dresse, la tête imitant le gland qui sort du prépuce. Le serpent est donc un symbole du phallus, lui-même symbole d’immortalité, et du pouvoir créateur. Quelle trinité ! Bref, cet épisode est le plus beau des nombreux indices bibliques que, comme tout le monde mais sans trop le crier sur les toits, vénéraient le phallus.

Les aficionados reliront leurs Bibles, se souviendront de tous les épisodes où Dieu est un « pilier », tiens donc, ou un « roc », sur lequel prophètes, rois et patriarches érigent des piliers. Une partie de l’histoire religieuse biblique est l’histoire de la lutte des prophètes contre les autres cultes phalliques, une guerre de gangs entre la bande à Jérémie, à qui appartient le Dieu invisible, omnipotent, unique mais encore un peu phallique, et la bande à Sodome (je simplifie, on aura compris…) pour qui le phallus est l’alpha et l’oméga. La Bible comporte une dose de quasi-impartialité dans le récit de cette guerre de gangs plusieurs fois séculaire : ainsi, la fin de l’histoire du serpent de bronze peut être lue dans 2 Rois 18 ; 3, c’est-à-dire 800 ans plus tard. Ce n’est qu’à ce moment que le roi Hézékiah détruit le serpent de bronze. Donc pendant au moins huit cents ans, les Hébreux ont vénéré le phallus Yahwhéen.

Incidemment, dans le même paragraphe, Hézékiah détruit le poteau dédié à Mlle Asherah, déesse de la Lune chez les voisins. La Lune, symbole féminin ; le croissant de lune, si souvent placé sous les pieds de la Vierge Marie, est symbole de la yoni (la vulve) chez les Hindous, et là, dans la Bible, nous indique Scott, le nom de la vulve sacrée. Scott ajoute que les Assyriens nommaient le pénis « Asher » ; et le testicule droit_ celui qui donne les garçons_ « Anu » ; et le gauche_ celui qui donne les filles_ « Hoa ». Or quand Rachel (Genèse 35 ; 18) est sur le point de mourir, elle nomme son dernier-né « Benoni ». La Bible glisse et dit simplement : « Mais Jacob l’appela Benjamin ». Ben Oni = fils de mon testicule droit. Benjamin = fils de mon côté droit. On comprend Jacob.

J’ai mentionné deux bizarreries, voici la deuxième : pourquoi donc les Hébreux passent-ils leur temps à se rebeller contre Yahweh, pourquoi la Bible, écrite par les vainqueurs Yahwhéophiles, montre-t-elle un dieu apparemment incapable de se faire respecter ? Parce que les cultes aux séductions desquels les Hébreux cèdent systématiquement étaient des cultes phalliques, seulement phalliques. Et alors ? Alors, le vrai culte phallique se célèbre avec le phallus. Les cultes phalliques, seulement phalliques, donnaient lieu à orgies, prostitution sacrées, fêtes dans l’obscurité, embrassades confuses mais générales. Avec les cultes phalliques, les Hébreux s’amusaient. Mais avec le culte qui a gagné…

Nestor Potkine


Brèves

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"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

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