" Par ailleurs le non-recours aux écrits parus précédemment sur la question est assez étonnant sans être pour autant surprenant. Je pourrais citer quelques titres parus aux Éditions libertaires, aux Éditions du Monde libertaire ou à l’Atelier de Création Libertaire.

Pourquoi Guingoin n’y fait-il pas référence plutôt que d’aller chercher des Challaye ou Lecoin d’avant la Deuxième Guerre mondiale ? La réponse est toute simple. Tout simplement parce que ces ouvrages font tous référence à l’action directe non-violente. On en trouvera une liste dans la note en fin d’article.

La réalité de la guerre

D’où qu’il vienne, tout conflit armé est d’abord une catastrophe pour les populations qui y sont soumises. Il ne peut y avoir contestation à ce sujet. La plupart du temps il y a agression d’un pays sur un autre. Ce fut le cas de la part de la Russie sur l’Ukraine. La question qui en découle est de savoir quelle peut être la réaction de la partie dite révolutionnaire de la population agressée : participer à la défense armée, émigrer, se solidariser avec la population frappée sous forme d’aide multiple ? Il faut juste admettre que ce choix se fait toujours en situation d’urgence, au fond quand il est trop tard. Ce fut le cas des pacifistes français, avant 1939, qui furent incapables de prévoir l’inéluctabilité du conflit à venir. Ils utilisèrent les mêmes moyens que dans la forte mobilisation contre la guerre des années 1900-1914, la proclamation. L’incapacité du mouvement ouvrier, tant allemand que français, à appliquer le mot d’ordre de grève générale antiguerre doit être questionné.

Cette incapacité est le premier, si ce n’est l’échec fondateur des échecs du mouvement ouvrier qui suivirent. Cet échec, sur lequel je reviendrais plus loin, ce renoncement amène, bien plus tard, à la situation ukrainienne où des décisions tragiques, contradictoires, sont communes. Aucune ne pouvant être autre chose qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La guerre est une donnée constante dans nos sociétés, une probabilité permanente. Cela amène la question suivante : pourquoi est-ce seulement les pouvoirs armés qui en tiennent compte ? Les pacifistes, tout comme toutes les variétés d’antimilitaristes, évacuent la question de la guerre qui vient. Ce que fait bien sûr Guingouin, tout comme l’a fait avant lui Gelderloos, qui n’apparaît pourtant pas dans cet article.

La guerre est une machine

La petite Ukraine faisant face à l’Ours russe est devenue, l’expérience aidant, un laboratoire de production d’engins de mort et par ricochet, exportatrice de ses réalisations. L’idée même de participer à la guerre pour plus tard mener une éventuelle lutte révolutionnaire est devenue ridicule, une absurdité.

Utiliser Orwell est à cet égard faire preuve d’inculture. Cet auteur a échappé à la liquidation par les forces staliniennes en lutte contre les milices anarchistes et poumistes. Ce fut d’ailleurs possible que grâce à la ténacité et au courage de sa femme.

Cette machine, donc, produit directement avant de les utiliser des armes de toutes sortes , tout comme ses affidés produisent des servants dès l’école maternelle. Car la question reste celle posée par La Boétie, « arrêtez de servir et le pouvoir s’écroule » ! Il importe donc de se servir des exemples de résistance à l’horreur nazie et d’en tirer les enseignements."

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